HISTOIRE SOCIALISTE 23!) ment. Je mïmaginai quP Louis XVI ,ouiant faire travailler ses fond_scomme un marchand, avait fait quelques spéculations sur des blés, el qu'ensuite, pour faire hausser le prix du blé, il avait soudoyé des agitateur, et cles émis saires pour e,citer des soulèvements et tcoubler la circulation des grains. • ... J"allai au lieu des séance, de la Commission des \ïngt-quatre pour y e,aminer celles de, pièces qui concernaient le prétendu accaparement. Je vis dans ces pièces que Septeuil ou ses agen Ls avaient employé des fond, dP. plusieurs associé3 à des spéculation, sur des sucres et des caf,<,;el sur· cle, blés. J,· ren,arquai que ces blés étaient destinés à être revendus en Franrè el non e,portés à l"étranger. Je vis en;uite. par les lellres mômes des associés, qu'il, t•tairntau désespoir de ce qu'on avait employé leurs fonds à des achats de blés; leurs lellre~ étaient remµlies de plaintes et de reproches sur ce s.1jet. Les uns voulaient se retirer de la Société, les autres voulaient que l'on se défit promptement de cette marchandi,e. • Et la grande raison quïls donnaient de leur méco11te11lementde celte spéculation, c'est que la récolte approchait, et qu'elle s·annon~ait pM une belle apparence. « .\insi, si Louis XVI employait la li5le civile à des spéculations de ,r:archanù, on voit que, tout roi qu'il était, il se trouYail dominé par les loi, de la natur·c et ~oumis à de bonnes et à de maurnises chances comme tout autre marchand. • Yoilà IJien, en sa pure forrue, ruptimismc des économistes; el l'on est pres1ue tenté de croire, en écoulant Creuzé-Latouche, que Seplt'uil el L)uts :\ YI avaient travaillé à approvisionner la France. )lais ce qui rrappait le peuple, ce qui lïnquil'lait, c'pst que dans une période où la hausse du blé et du pain était désastreuse, le roi avait espéré et rnulu la hausse du blé: et il rtait tout porté à croire que lorsque le roi s'engageait dans des spéculations à la hausse, il employait ensuite toute sorte de manœuvres à provoquer·, en effet, la h,msse. liai, celle nervosité et cette défiance du peuple, avec le resserrement et la stagnation des grains qui en étaient la cons,'quence, ne suffisent point à explir1uer la hausse exceptionnelle de la fin de noz, puisque, depuis le commcn,·ement de la Révolution, le peuple avait eu 11l'égard des subsistances Ir, mêmes craintes soupçonneuses sans que pourtant le blé eùt atteint le niveau où il était maintenant. Ce n'est pas non plus par la pénurie ou même la médiocrité de la récolte qu'il fallait e,Dliquer le mouvement. La récoite était bonne. Tous les témoignages là-dessus sont concordants. L"abondance des moissons secondait la Révolution. Le Conseil rxécutir provisoire, dans ,a proclamation du 30 octobre, constate forrnellernenl cette abondance : « Dans plusieurs départements de la République, le~ subsistances sonl l'objet des inquiétudes du peuple. En vain notre sol nuus foumit-il d'abondantes récoltes, des terreurs s'emparent des esprits; les propriétaires ferment
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