IIISTOlllE SOCIALISTE 283 au total, à la somme de U3402 livres; e·esl-it-ùire que le salaire annuel de ces ounicrs, qui sont des artiste~, ,;"élêYeen moyenne à flOo livres, 3 livres par jour de travail. Dans l"alcliL•r de por~elaine Lendre, composé rl'un chef el de W ouvriers, les appoinlemenls annuels ,élèvent à :J:!:!83 livres; ,··est une moyenne annuelle, par ouvrier, de 718 lhres; ou 2 rr. :Ju par jour ouvrable : 46 sous. L'atelier de porcelaine dure esl compo-é ct·un chef et de -:!6ouvriers, qui rrçoivenl dans l'année 20 236 livres; pa~ ~,o sous par jour. Yoici l'alelier des fours composé d'un chef el de 1 .2 ouvriers, recevant arrnuellcmcnl 23 6:!0 livres, c·esl-à-dire, pour chacun d"eux, ;:;i:;1 livres dans rannée: 38 sous plr jour. A la manufacture drs Gobelins « les ouvriers Naienl au nombre de 13\, ,lont 18 apprentis, el la lotalilé de leurs journées s'élevait à une somme de 1()\) Yiü livres. Il y avait sur celle dépense une diminution de 8 à 10000 livres par an, pour le piquage pat· quart de jour à rnisor\ ùe, ab;ences. • .-\insi, en l'ail, ils recel'aient dans l'année t'nviron 100000 livres: c·cstà-<lirc (défalcation faite des apprentis) 8U0 livres en moyenne pour chacuu: ;:;6 sous p,lr jour ouvrable, à peine sur l'ensemble de l'année 50 sous pat· jour. Et c'ét1ienl des ouHier, rares. aux pri,es avec le f<t'uie des peintre,, et obligés d'entrer si subtilement dans l'œu, re de:; mallres que, ,elon la manii're large ou raffiol\e du peintre qu'ils reproduisaient en lapis- "'rie, 1-i Yile,se de leur lrav,,il mesurée à l'aune était e~trèmemenl ,ariable. • T,tnt que l'on a exécuté des tableaux des anciens maitres, les prh fixés pour la main-d'œuvre n·oot excité aucune réclama Lion; mais lorsque l'on a e\écut,:• des Boucher, de;; Van Loo, l"ouvrier n·a pu mettre daus sun tr;\lail la même promp lilude. » El quand les hauts salaires sont à ce niveau. que doil être le commun ùes salaires? li ne me paratt pas téméraire ùe dire qu'en général ih représentaient a peine le tiers des salaires actuels. Or, aujourd'hui el d('puis une dizaine d'années le prix du pain n'atteint pas èn France, daus ·en,(•mble, 3 sous la livre. Don;, le pain au cornrnencernenl de i,\':l, était plus cher qu'aujourd'hui, absolument, au moins d'un quart: el relalil'emenl au salaire, il élait quatre fois plus ci,er. Quel fardeau pour le peuple, à celle heure à la fois triomphante et difficile de la H6volulion ! ~ais quelles étaient les causes de celle redoutable cherté? Il e,t ,ans doute impossible de les démêler toutes e.t de mesurer l'action de chacun<'. Dans ces périodes de rénovation universelle el de vaste ébranlement l'enchevêtrement des faits est extrême, les faits économiques el les faits politiques réagissent les uns sur les autres à l'infini. li ~erait trop commoùe de dire, comme le font les historien,; à la mode de Taine, que la méfiance générale el l'anarcbieélaienl les causes de la cher lé. Sans doul<•, le peuple avait gardé un souvenir sinistre des opérations d'ancien régime qui furent faites sur les blés, il avait gardé le souvenir borl"ible des di11ettes,des famines périodiques qui avaient désolé le pays. El chaque dépar-
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