Jean Jaurès - La Convention I

281 HISTOIRE SOCIALISTE temenl, chaque district, chaque canton, soupçonnant que si le grain sortait de leurslimiles il deviendrait peut-Olre la proie de manœuvres coupables, étaient tentés de le retenir sur place. Ainsi la circulation était sinon arrèlée, au moins troublée, elles régions qui avaient du lrop plein ne le déversaient que péniblement sur celles qui avaient du manque: de là, sans doute, re~lrôme inégalité des prix. Une découverle récente avait ranimé les souvenirs les plus tristes et les plus terrible, légendes d'ac.:aparemenl el de famine. Les papiers saisis aux Tuileries avaient révélé remploi as;ez élrang~ fdit, pour le compte du roi, des fonds disponibles. Le roi, par un billet du 7 janvier 1701, en avait confié la gestion à ~I. de Septeuil : • J'autorise M. d,1Sep leu il à placer mes fonds libres comme il le jugera convenable, soit en efîèls sur Paris ou sur l'étranger, sans néanmoins aucune garantie de sa part. » El M. de Septeuil s_'élail mis en rapport avec des maisons de Nantes, de Lyon, el surtout de Hambourg, el il faisait pour le roi, sur les sucres, sur les blés, des opératiohs où il élail intéressé à la hausse. Voir.i un billet du 22 avril 1702 à ~Dl. Dubois violette el Moller, de Nantes : • M. rtocck, d'llamlJourg, élanl ici dernièrement, vous a prévenu que l'achat fait sur son ordre de 20 barriques sucre lerré, montant à 65082 livres, ôtait pour mon compte. En conséquence, je vous prie, Messieurs, de temps à autre, el premièrement en répoa;e à celle-ci, de me donner des i nstruclions sur le cours du sucre et sur ce que je puis en espérer. Ce sera d'après celle connaissance quo je vous en commclt rai la vente. Mon intention est de réaliser le plus tôl possible celle spéculation el aussilôl que j'y pourrai trouver un bénéfice de i0 à i2 0/0. Je vous prie de m'adresser vos lellres sous enveloppe àAf. de Cltalandray, ruP de l'Universilé. » Le 30 avril i702, Septeuil écrivait à llocck, qui se trouvait alors à Amsterdam, chez )Dl. de Bury et c••: « Monsieur, j'apprends avec plaisir votre heureuse arrivée à Amsterdam; je suis charmé que vous n'ayez pas été inquiété sur votre route, il n'en serait peut-èlre pas de même aujourd'hui, depuis notre déclara lion de guerre ... A l'éyard des marchandises, je vois avec beaucoup de peine la baisse énormP wr cette du n• f. J'atlends avec impatience l' e/fel qu'aura produit noire déclamtion de guerre; vous connaissez mes intentions sur cet article, je per- ~iste à vouloir le réaliser au pair, je me repose sur votre zèle pour mieux faire, si les circonstances deviennent favorables. Quanl aux n" 2 et 3, j'ai plus de confiance dans la hausse que ces marchandises doivenl éprouver; j'e<pi':reque vous m'in(ormerpz exartP1nent des variations de prix, et que t•ous n'fcltappe•ez pas les occasions 111ilesà mes intérêts vous m'avez donné de bette, e.<pirancessur ces opéralio11s, je désire les voir réaliser el n'avoir que des remerclmenls à vous en faire. »

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