2i2 lll~Tüll\E SOCIALISTE des assignats se précipitait, surtout à la suite de la nouvelle émission de 400 rnillions. Roland, dans son rapport du 9 janvier, constate que « l'échange des assignats esl de moitié au-dessous du pair contre l'argent, signe général de la richesse de toute, les nations commerçantes•· 50 pour 100 de baisse, c·esl déjà très inquiétant. Il c,l bien vrai, comme l'a si bien noté Contlorcet, que le rapport de valeur de l'assignat à l"argent ne mesurait pas le rapport de valeur de l'assignat aux autres marchandises : l'assignat perdait beaucoup moins par rapport aux denrées. que par rapport à !"argent considéré presque comme objet de luxe. Pourtant, avec une telle baisse de l'assignat par rapport à la monnaie de métal, tout l"équilibre des échanges était troublé : le prix de toutes les marchandises devait hausser. ~lalgré toul, le mêlai restait le point lumineux, qui hypnotisait, el la certitude où l'on était de ne pouvoir converlir l'assignat en argent qu'avec une perle de 50 pour iOOdépréciait, en une mesure moindre, mais très sensible encore, l'assignat pour toutes .les transactions. Contre les incertitudes dont l'assignat semblait frappé, contre le risque de perte qui pesait sur lui, les délenleurs de marchandises se couvraient en en haussant le prix. C'était, selon le mot très juste de Roland, comme « une prime d'assurance». Celle prime, parce qu'elle étail réparlie sur l'ensemble des marchandises et la totalité des transactions, était bien inférieure à la perle que subissait l'assignat par rapport à celle marchandise toute spéciale et rare qui s'appelait rargent. ~lais elle était élevée encore; el cette prime d'assurance, d'ailleurs \'ariable, surchargeait et rausiail les transactions. Assez longtemps ce trouble causé par l'assignat avait été aggravé, surtout dans les grandes villes, par les billets de confiance, qu·émcltaienl les • caisses patriotiques • et autre,; à Paris notamment la faillite de la maison de SP,coursavait, comme nous l'avons vu, jeté la panique. La Convention \'Ota, dans les premiers jours de novembre, un clécrel qui arrêtait el inlerdi,ait toute émission de billets de confiance. Cambon exposa brièvement, le 2 novembre, les raisons qui commandaient ce décret : • Citoyens, vC1usparler des billets de la caisse de secours (de Paris) c'est traiter une question très délicate, puisque d'un côté vous avez à défendre l'inlérôt du Trésor public, et que de l'autre vous avez à soulager la classe indigente des citoyens. Yous connaissez maintenant la somme présumée des billets de la maison de secours de Paris, qui sont encore en circulation: ell,• est de 2.ûSG.063lil'fes; c'est·celle somme qu'il est instant de rembourser; nous ne connaissons pas encore au Juste l'état de l'actif de celle maison. Il s'élève, selon le Directoire du département, à i .600.620 livres; selon le Conseil général de la commune, à i.237.000 livres, Nous évaluons que le déficit des dilîérentes caisses de Paris pourra s'élever à 5 millions. • Nous vous proposerons demail, u,1 projet de décret pour répartir cttlt
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