Jean Jaurès - La Convention I

IllSTOlllE SOC!.\ LlSTi': 211 aus;i tlevenus les plus peuplés, les plus riches, et, par conséquent, les contrée, de la République où il y a le plus de prospérité; l'habitant y esl manufacturier el cultivateur tour à tour. Le ciel est-il paisible, la saison favorable·? li laboure, il sème, il récolte ses champs. La pluie, le; frimas, les lon~ues ,oirées de l'hiver le font-il rentrer sous le chaume? li y Ille le colon, la laine, i 1 y tbse de la toile et se livre à d'autres travaux casaniers rgalemenl utiles à la Hé, uhlique, à son hien-être et à celui de sa famille. L'oisiveté, celle source de, vices, ce fléau destructeur des États, est repoussée loin de son foyer; le contentement, l'aisance el la paix lui font couler d'heureux jour,, et ce ne rut jamais dan,; une cité, manufacturière et agricole en même temps, que la hideuse di,corde osa se montrer. • Je pense donc que le gou,·crnement doit introduire dans les campagnes les connaissances el le goùl des manufactures de première nécessité. Le commerce et l'agriculture ,;e prùlenl un mutuel secours, et nulle part, les champs ne sont mieux culliYés que \lans les lieux vivifiés par l'industrie. • Il faut que chaque individu, le ,mageob comme le citadin, s'iostruise et exerce dans une proression; il faut que l'éducation publique le pousse à ce go0l, lui en fasse même un del'oir : c'est le moyen le plus s0r d'extirpet· la mendicité el d'inspirer l'amour du travail. • Je ne di,cute pas le système de Roland; il convenait à la période inter• média ire el incertaine où se trouvait encore l'wduslrie qui o'était pas entrée sous la loi du machinbme et qui n'était pa5 lrb concentrée. Roland ne parall pas soupçonner qu'en éveillant dao, les campagnes les vocalions induslrielfe, il ne ramènera pas l'indu,trie aux champ,, mais qu'il rendra plus facile le drainage des forces rustique; déjà un peu dégro%ies el éduquées par l'industrie des villes. ,\Jaisencore une fois, quel que !OL l'esprit de système de Roland, et quelque joie qu'il épromO.l à reproduire dernnl la Convention, comme ministre de lïntérieur, les idées quïl a,ait loogtcrnp, propagées obscurément comme in,prcleur de, manufactures, comment suppo,er qu'il aurait au,si comp!aisammcnl prévu J'citension de l'industrie el la diffusion des connaissaoces in,lu,trielles si, à ce moment précis, il y amil eu une baisse générale de J'acli• vité écooomique? (..'c0l été une étrange idée de su•ciler la vaste concurrence de bras nou- ,eaU\ aux bras inoccupés des ouvriers. Le., partis qui se dérhiraient alors n'auraient p:l3manqué de s'imputer les uns au, autres, de la Gironde à Robespierre el de la Commune à Brissot, la réspo,î;abililè de la crise indusLrirUe ~i elle e0t été en cl!et déclarée. Or, ils n·en faisaient rien. ~tais s'il u·y avait pas arrêt ou même ralenlbsemenl sen~ible de l'activité économique el de la pro,Juction industrielle, le déséquilibre que j'ai déjà noté au printemps dé 1102 ailait s'aggra,·aol. De plus en plu•, la vie de la il'rance semblait repo,er sur je ne sais quoi de foclice el de précaire. La b.iisse

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