Jean Jaurès - La Convention I

IIISTùlR.E SOCIALISTE somme sur les citoyens l'iches du département. \'os comités, jetant cn,uito leur~ regards sur les autre, communes de la Républi<Ju~. ont pensé quïl ronl'enail d<'l'aire retirer de la circula lion lous les billets de confiance qui onl clé émis, •oil par des municipalités, soil par des parliculins. • Camhon propo,e qu'à partir d'une date très 1,1pprorhée, le l" janvier: • Toul particulier ou Loulemunicipalité qui mettra en fmis,ion des billNs au portt>ur, du telle nature qu'ils soient, soient réputés fml\-monnayeurs. Celle disposition est san, inconl'énienl, puisque, al'anl la fin du mois, il y aura plus de :.'00 millions d'a;;:,ignats de 10 el de l:i sols en circulation compris dans l'cmission nouvrlle de 400 millions). Les billets au porteur ne sonl qu'une ,ource d',,giotage. Ceux de 1.000 livres émis par la Caisse d'escompte et ceu, de la Cais,e patriotique offrent, sans doute, une garantie suffisante : mais si l'on permeltail la circulation de ceux-ci, des fripons en feraient circuler d'autre,. cl, d'ailleurs, la masse de no, assignats est ,uffisanle à tous les he,oins du commerce. " Nous vous proposom enfi11d'établir, par tè9tr générale, que le di/icit 'Jllipourra .,e troucer dam ce· différente, c,lissr., ·na .,upporté par le, to1111111111esoù elles sont établies, mais p1·ogres~fr1'mfnt au.c (o1't1mes; car le citoyen rirhe doit être taxé infiniment plus que celui qui n'a qu'une fortune médiocre, el l'on ne peul Caire payer celui qui n'a que le simple néce,,aire. C,• princip<l est d'autant plus vrai dans son application au cas particulier ùonl il ,·agit, que l'on ne peul contester que c·esl au gros propriétaire, au, entrepr1•11eurs,aux chefs ù'alelicr qu'ont élé pri11cipalernenl utiles les billets do la ,·ai,se de ~ecours puisqu'ils les ont dispensés d'acheter du numéraire. Ces diff1:rentes mesures feront cesser les inquiétudes el préviendront sîJremenl les troubles dont la stagnation subite de ces billets a menacé plusieurs déparlenwnl~. > li y avail eu, en effet, un assez vir émoi déterminé par deu, causes. n·une plrt, les hillels de confiance étaient surtout gagés par des a~~ig~ats, et 1~, assignats bai~saienl. D'autre part, la faillite frauduleuse de la mai,on de secours de Paris, qui avait ou dérobé ou compromis dans des spéculations une partie du gage ,ur lequel reposaient les billets émis par elle, avait éliranlé lP. crédit de toute, les autres caisses; qui sait si elles aussi n'avaient pas détourné ou entamé le gage ùes billets qu'elles avaient mis en circulation? Aus,i, le Comité des finances prévoyait un déficit; el selon la volitique affirmée dès les vr~micr. jours par la Convention, c'est aux riches de chaque commune que va incomber la charge de combler ce déflcil et de , rembourser au public la partie des billets de conflance qui n'était plus rcprèlée par un gage solide dans les caisses • patriotiques •· De m~me qu'à Rouen el à Lyon c'est la bourgeoisie riche qui devait supporter par un emprunt forcé, sans intérêt el progressif, la charge de l'approvisionnement en blé à des prix réduits, de même c'est la bourgeoisie riche qui_

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