Jean Jaurès - La Convention I

lllSTUII\E: SOCI.\LISTE tLubme se réduirait à la religion naturelle. La diYinité du Christ arnit pPndanl di.x-buil siècles dominé les consciencP,; c·e,t !t celle forme de Dieu, vivante, humaine, historique, uien plus qu'à lïdé<' ahlraile, immohil,• et pâle de !'Etre uniYersel, que le cœur des roules rnufTmntcs s'était donné; N hientôl, au moindre mouvement de réaction, à la moinclrP déception du peuple. c'e,t le cbri,tianisme entier, exigeant, qui reparallrait sous le Mbme superficiel. Rouespierre n'arrachait point la racine profonde; soudain la pui--a11ce autoritaire de l'Eglise se développerait à nouveau de cett,• racine cachée. Enfin, il était à craindre que Robespierre lui-même, après a1oir fait de certains dogmes de la religion naturelle, à peu près confondus avec la rorme épurée du dogme chrétien, la condition m,>me de la moralité et de la vertu, ne fùt tenté de mellre la force de l'État au service de ce compromis chrisliano-philo,opbique, et que par des ,oies équivoques la France fût ramenée à l"antique intolérance. Oui, voilil les gra,e, périls de la conception de Robespierre, mais il, ne sauraient nous en faire méconnaitre la grandeur. El, en tout cas, ~I. Robinet se trompe quand il dit que c·est sous l'influence des vues particulières de • RolJespierre que la l\é\'Olulion à ce moment se prononça contre la séparation de 11tglise et de l'État. Ce ne sont pas • les dévots de la rue Saint-Honoré », connue M. Robinet appelle les Jacobins, qui clans une pensée de ùéi-me pieux maintinrent le budget des cultes. Tous les hommes, tous les partis de la Révolulion étaient d'accord; le cordelier Danton parla plus vigoureusement peul-être contre le projet de Cambon que Je jacobin Robespierre. Et Quinet aussi cède à l'esprit de système lorsqu'il fait porter à Robespierre surtout la responsabilité d'une politique où presque tous les Conventionnels, les dantonistes et les encyclopédbtes comme les robespierristes, s'engagèren\ à la fois.. • Une· occasion se présenta, dit Quinet, de:mesurer les progrès -0es esprits. C'était en novemhre 170-2,un peu avant le procès du roi. Tout le passé croulait, chacun voulait en ôter une pierre. Cambon flt dans la Convention la proposition très simple de cesser enfin de salarier le clergé. Au milieu de remportement des alfaires et des choses, ce projet semblait ne pouvoir rencontrer d'obstacles, parmi les Montagnards. L'esprit sensé de Cambon en avait jugti ainsi. Il fut durement détrompé par les Jacobins. Basire commença la lulle en leur nom ... Mais il fallait une autorité plus haute que Basire dans une que,tion de ce genre. C'est Robespierre qui 1a la décider ... La raison la plus importante, c'est que • le catholicisme ne peul Mre désormais que l'écho de la Révolution, car il n'en reste plus guère dans les esprits que ces dogmes imposants qui prêtent un appui aux idées morales, et la doctrine sublime et touchante de la vertu et de l'égalité que le fils de Marie enseigna jadis à se., concitoyens. • c Paroles importantes qui sont devenue, jusqu'à nos jours le thème el ld

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