Jean Jaurès - La Convention I

HISTOII\E SOCI.\LlS1'E 2n El il n·e,I pas ,•rai non plus, ,ous l'avez pres,cnli, qoe Dieu ail pu s'incarner, se rèafürr matéricllrmrnl dans l'humanité : pas plus qu'il n'e,l caché en ce mo1n,•nl ,ou, lt•, espi'rrs mal••rielil's du pain el <luvin, il n'a élé caché 0011, les e,p,'cc, malérit•l11•, ,l'un,• indid1lualilt' hurnainr. )lai, la sainteté que le ))ieu (·lnnrl communi11ue à l'humanité ~·esl m1nife,l(•t> avec tant d'éclat dans la p,•r,onne el la ,ie clu Chri,t, qu'il est clr,cn11 pour nous la fii,ure cle la 1Jhinil, 1 m,'me, ,•lernellemenl prè,enle pam1i Je, ho·mnrs. Ici ·encore le ,ynibolc e,t inutile. La prè•cnre du l)ièu éternel parmi 1,,, homme, n'a plu, besoin d'Nrc figurée par ces louchanles mab incomplète, irnagrs. c·e,l d~n, la .-011,cienced'un peuplr !il.oreel ami de la juslicr que Oieu se manift•,te le niit•u,. La lumière du Chrisl n'élail que l'aube annonçant la 111111,,,re 1livi11<• (p • liberté. Ce n·e,t pa, ver, l'Orient, c'c,t ver, la pleine lumi,'r,• 11... lï1u111anilt•librr <1uïl tout mainlenanl sr tourner. You, ne 1·011, M~, poinl lromp,·,: nou, ne nou, ,, ,nunes point trompés. Le, -ymbolr, •ou, le,~ucb 10,i- reconnai-,i•·z la n1rilé ne vous égarairnl p~•. puisqu'ils ,·ou, préplraü•nt :, la vérité loul rnliérc. Ceu, qui 1,,, raillaient étaient plu, loin cl11 Haî chrmin que ceux qui, al'erli, par le pre,-enlimrnl encore ol,,c,,r de leur raison el par l'instinct plu, clairvoyant de leur âme, marcluicnl dans des voies mêlces d'ombre "cr, le i;rand jour qui éclate enfin à tous les yeux. Non, nou,; n'1l\ons rien à efîal'cr, rien à regrellcr. c·e,l toujours la même ,érilé que nous adorons, m~i, nous la pomons aù1>rer enfin sans voile; c·esl la récompense de notre longue rernur cl la suprême victoire de la liberlê. • Yoilà ce que Robe,pierre altendail, à une date que ,on e-pril n'assiimail )'~•. du clergé conslilulionn,•l. Il aurait voulu que le peuple pas,âl de la foi rhreticnne au déisme rationnel, sans être un moment embarrassé el comme hnmilit· l'e lui-même. El il o'irrilail qu'une motion de finance, ,lnl compromettre cPlle profonde cl paisible évolution de< consciences. Il se scandali,ait que par l'amorce d'une economie, d'une rcùuclion (lïmpùl, on tentât d'l'garer le pruplc hors des voies uc la croyance, el qu'on parlll fixer le tarif d'un reniemeut univer,el que la conscience seula n'aurait point dicté. C'est par ce respect profond el délicat pour le peuple qm• Robe,pierre élail grand. El c'e,I par là, malgré ses défaut, el ses Yices, maigre ses ignorance:;, ~es vanité,, 6Csjalousies cl ses haines, c'e,t par là qu'il allait au cœur dt1 peuple. Il remuait ~n lui des llbrn; prorundes que les aul~es ne louchaient pas. Dans un terril.oie portrait de Robespierre, que fait le 9 novembre le journal de Condorcet, ce qu'il y a en lui du prêtre esl fortement marqué: • On se demande quelqucfoio ;,our 1uoi tant de femmes à la suite de Robespierre, chez lui, à la tribune des Jacobins, aux Cordeliers, à la Convention? C'est que la Rérnlulion rrançai,e est une religion, el que Robespierre y fait une secte; c·csl un prêtre qui a des dévotes; mais il est évident que Loule sa puissance est en quenouille. Robespierre prêche, Robespierre censure, il est grave, furle111, mélancolique, exalté à froid, suivi dans ses pensées el dans sa conduite,

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