Jean Jaurès - La Convention I

HISTO!I\I,; SUCl.\LISTC invisible attachée au~ esprils el la raison seule peul la rompre. Le législateur peut aider la raison, mais il ne peul la suppléer; il ne doit jamais rester en arrière; il doit encore moins la devancer trop vite ... Pour moi. sous le rapport des préjugés religieux, 11otresituation me pa,·all très he11re11set l"opi11ionpublique très avancée. l'empire de la s11per:,tilionest presque dt'tnât; di'jà c'est moins le prètre qui est un objet de t'énl-ration, que l"idée de la religio1l et l'objet même du culte. Dejà le flambea1, de la philosophie. pénétrant j11squ'm1.1c:onditions les plus éloignées d'elle, a cha.<.<toéus le:,,cdoutables ou ridicules fantômes que /"ambition des prhres et la politil711edes 1·oi~0Mie11tordo11néd'ado,·er au 110mdu ciel; et il ne l'(•Steplus guère dans les e,,,,,;1, quP ces dogmes imposants qui p,•èlfnt 1111 appui aux idées mor,,ie.,, et à la doct,·ine .rnblime et to11ch.a11dte l'égdlitf que le fil<dPMarie emeigna jadis à ses concitoyens. /Jimtôt sans doute, l'eca11gile de la rai•on et de la liberté sera l'évangile du monde. • Législateurs, ,ous pouvez hâter celte époque par des lois générale$, par une constitution libre qui éclaire les esprits, régénère les mœurs et /•lève toutes les âmes à la simplicité de la nature, mais non par un décret cle circonstance et par une spéculation financière. Si le peuple est dégagé de la plupart des µrejugés superstitieu,, il n'est Joint dispos6 à regarder la 1;eligion en e!le-mèmc comme une institution indilîérenle ou soumise aux calculs de la politique. Le dogme de la divinité est gravé dans les esprits, et C!l dogme, le peu1,le le lie au culte qu'il a professé jusqu'ici; et à ce culte, il lie au moins en partie le sys,ème de ses idées morales. Attaque,· directement cr rnl:e, c'est attenler à la moralité dit peuple. Qu'une ~ociélé de philosophes fonde la sienne sur d'autres ba$es;on le conçoit; mais les hommes qui, étrani:;ers à leurs méditations profondes, ont appris à confondre les molil's de la vertu avec les princ;pes de la religion, ne peuvent voir sans elîroi le culte ~acrifié par le gouvernement à des intérNs d'une autre nature. Si le peuple rn aqi•sail autrement, ce 11eserait qu·aux dépens de ses 11ue11rsc;ar quiconque renonce par cupidité, même à une erreur qu'il regarde comme WlP vérité, est dt<jà corromp1t. Or, rappelez-vous que votre révolution est fondée sur les notions de la justice et que tout ce qui tend à affaiblir le sentiment moral du peuple, en énerve le ressort ... • Allendez le moment où le$ hases sacrées de la moralité publique pourront être remplacées par les loi~, par le$mœnrs el par les lumières politiques. ,i la Déclarntio11des Droits de l'homme i'lait déchirée par la tyrannie, 11011s ,,, retrouverions encore dans ce Code religieux que le despotisme sacerdotal présentait à notre vénération; el s'il faut q1fa11x(,·ais de la société euti~re, /Ps citoyens se rassemblent encore daM des temples communs dt't>antlïmposanu idée d'un Être suprême, là du moins le riche et le pauvre, (e puissant et le faib!P sont retllemeut égau; et confondus devant elle..... • Quoi qu·on en ail dit, loin que le ~ystème du Comité soulage Je peuple, •

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