240 111::iTOIRE SOCIALIS'r E !Jarie. Les pousser au dé>C•poir scrail une maladresse. De plus, envers le clergé constitutionnel proprement dit, cc ,erait une ingralitude. Il a dQ, pour accepter la Con,tilution civile el pour recevoir de l'élection populaire 8es fonctions renouwlées, affrontt•r les outrages des prêtres réfracl;1ires. lPS insultes, les m,•naces, les vi~lences même d'une partie du peuple fanalisé. 11 s'est compromis a,ec la Rérnlulion. Si la Révolution le lai--e sans pain. elle ,iole toute équité. En manquant à l'engagement solennel qu'elle a pris récemment, lorsqu'elle a sécularisé les !Jiens d'J~glise, d'assurer le service du culte, la Rholulion éveille des doutes sur sa bonne foi, el autorise à croire qu'elle ne Liendra pas d'autres engagements souscrits par elle. D'ailleurs, en bien des régions, les pal1iotes, les révolutionnaires ont souvent fait cause commune aYec les prêtres constitutionnels. lis les ont élus; ils les ont installés; ils les ont défendus. lis ont décidé Jeurs femmes el leurs enfants à as,;;isterà la messe constitutionnelle, à déserter la mes e faclieuse où a!Tluaient les no!Jles oublieux de leur voltairianisme d'hier. Délaisser les prêtres constitutionnels, c·e,t faire jouer un rôle ridicule aux patriotes qui ont lutté pour Je:;déreudre; ainsi, tandis que le, prêtres réfractaires fanatisent contre la Ré- \'olulion une partie du peuple, les prêtres conslilulionnels aigris par la misère, par l'ubandon subit el par la sorte de désaveu public que la Rérnluliou leur inflige, indisposrronl contre la Convenlion 11alionale, unique gardienne de la li!Jerté el de la patrie, un grand nom!Jre de patriotes. Enfin, il était prrmi, d'espérer que le clergé conslilulionnel, procédant de l'élection populaire, accept3nl une Conslilulion démocratique, laisserait tomber peu à peu h partie la plus oppressive des dogme-, atténuerait les mystères rffrayanls pour la raison ou ble;sanls pour l'humanité, se réduirait à une prédication Loule morale el ci\'ique el ménagerait ainsi, sans secousse, comme sans préméditation, le passage désiré de l'ancienne ~uperstilion catholique à une philosophie sim1ilemenl nuancée d'évangélisme. El quelques imprudents, quelques• économistes de boutiques •• choisissaient, pour troubler ce, perspectives de paix, pour allumer dans le pays la guerre religieuse, l'heure tragique où la nation se pré1>arait à juger le roi et avait besoin de toutes ses forces pour l'acte de ju,Lice qui allait étonner el peutêtre soulever l'univers! Voilà les rai-ons qui, à la fin de 1792, déterminèrent les Jacobins à maintenir le budget de~ cultes. Historiquement el à leur date, elles sont fortes. Elle. ne procèdent pas d'un calcul de classe. La bourf.(COisicrévolutionnaire ne songe _pas,commr le feront plus lard beaucoup de ses descendants, à maintenir, arliflciellPment et par la puissance de l'État, une religion d'autorité, conseillère des résignations pour le prolétariat. Visiblement, au contraire, les grands bourgeois révolutionnaires de 1701 soulîrent des préjugés puis,ants du pays, de son attachPment à la tradition religieuse. Ils voudraient l'émanciper du préjugé, de la croyance, l'élever à la philosophie et à la raison. lis ne
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