Jean Jaurès - La Convention I

li l ",TOl!lE 'iOCIALISTE préparée à des mr•ure, di-cisives, qu'elle les allenrhit, qu'elle le, r,ii,<'r iit bientôt, et il lut au, Jarubin, la , i1,our1•11•ca lre--e qur Ir,• Amis dt· la libert, 1 el de l'égalité de la commune dt>la Souterraine• {département ile la Creus1•), venaient <l'envoyrr il la Comention. On y remarquera que les si,L(nataires de l'adre:;,e ne ~e IJurrwnl pas a dcrnand<'r la suppression du bud11etdes cultes; ils inclinent ,isil.Mmenl à la ,;upprl'•-ion l•'r,1lt' du ruile lui-m•'mc. li femhl" qu'à celle claie les rares partisans 1lc la st·;,;uation de l'Éf;lb,• et de l'État étaient surtout parli,ans de la ~uppre--ion dè l'l:~li,I' l'l ,:e l\ ..!rrdiclion 11•).!alede la religion. En ~drte qup, la ~••par,1tio11,!c n.,lis~ et ,,,, !"Mat, tellr 11u'clle est actuellement com1,ri,e, rupture dt• tout lien eutre 1·f:·li,e rl 11;:1at,·t libcrto du culte, n'était, à ce moment de la 11é,olulion, admi,e à peu près par p,•r•orrne. La plup·irt des révolutionnaires, par calcul 1iolitiqt1<',par ménagPmrnl de, habitud,•s populaires, voulaient maintenir le hudgel dr, cuit,·• et l,1Cc>nstitution chil!' du clergé. Et rein dPs réYohrtionnaircs qui ,oulairnt abolir 1:; Con,titulion d, il, du cierge et te hu,J,:et de,; culte,, rnulaient, en réal il•·. prohiber le culte lui-mème. « l'\ous pa)'OII:,exactement le, im111its, dbent les pNitionnaires de la <:reu,c; mais c't·,t pour qur le produit sene a con,olidcr notre honllf'ur. Serait-n donc rnrore lon~tcm1i- pour alimenlt•r la ~ecte sacndolah•, cl'ltc St>cledont l'intoll·rancc cl la perver,ilé ~ont attcskes dans toute~ les pages de l'hbtoird Le d1•rgé n'est qu'llumilic, il n'est point anéanti. Trembl,•z qu·un Î'lllr il ne reprrnuP ~a prcnri<'rc ft'rodté. Lr prNre est toujour,; prêtre, et c'est cc qu'il ne faut pi,; il doit èlrP, citoyen et rien de plus. , .\rrachez donc bien , ile du Cude des Français régénéré:; cette Constitution 1·hile qui perpétue l'esprit de fmatisme et dïntolér.mce, et qui fait crtJin· au pr.ltre qu'il est une espt'ce supérieure au, autres Fraoçais. On lui donn,• nne juridiction, on lui donne un territoire circonscrit, on lui donne des par,,b,iens : comment ne serait-il pas intolérant? Nous avons une cu11- ,c,n1re, 1mPraison, une reliqion; 11011s11evoulom ,ii de la co11science,ni de la r11i.w111, ni rie la religion du priltre. « /)oil-on tolérer une religion qui, de sa nnture, est i/l/oléran/e? C'esl ,me q11Pslio11do1ll la négatic~ sel'll sa11, doute décidée dam la Co11stit11tio11 fJIIP wm prése11tn-ez à /'acceplatio11 des Français. Mais en attendant, que cetn ùonl l'Arr.e a be,oin <l'une croyanc•· my,té'ricu~e, que ceux-là payl.'nl les prètre, catholi11ues, on peut le permettre , tns de grands d,rngers; wab que ceux-li1seub le, payent: il esl bien juste que chacun paye ses plai,irs. lis sont heureu,emenl rares, et dès que le prètre, comme le négociant, ~era payé pn le consommateur, il se trou,l.'ra peu d'imbéciles qui useront de celle denrée. Ne serait-il pas absurde, en effet, que des Fraoçai~ éclairé,, des l'rançais libre,, payassent des hommes dont la morale esl destructive de tout esprit public?

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==