Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIRE SOCIALISTE rohjl'l e,sentiel qui élail de coml>allre Lt motion d,• C,mbon. Quelle joie pour:anl aurait eue Bri;sol à critiquer Danton, ,, railler :;on modérantisme, ~on (( feuillanti-sme ►), si lui-m(·mc n'avi'.litla" cru <la11gereu:;cf!t IJOUr le momcul irnpossil>le la suppn•,,ion du budget de, cultes! Dans le journal de Carra,même réserve. Je li-. clans Lf's..lnnale.,; patriotiques, tnuméro <lu i•i HO· ve1111Jre), 1111 IJrcr ré,umé du discours de Cambon; pas un seul mol de commentaire. El dans le compte rendu de la séance du 30 novembre, pas la moindre allusion au discours de Danton. On dirait que la Gironde en Loule, ,es nuances, du bri,solin l.lri,sut à !"éclectique Carr,,, fail le silence sur ce proLlème importun, el, prise entre l'inlérèl philosophique el l,l néce-sité politique, attend la mile des é,énernenls. Aux Jacobins, il y eul un grand débat sur le l,u1lgcl des cultes, dans la ,éance du 16 novembre présidée par Jean llon Saiut-André, el dan, celle dn 17 présidée par Le Pelletier. Chahol « le caµmin déhridé » el ~lanuel lurent mu!~, absolument seuls, à Sflutenir la propo,ilion de Cambon. )lais la façon dont Chabot la soutint acheva d'indisposer les Jacobin,. II ne se borna pas en elfcl, à alléguer les rabon, llécbhes de liberté qui imposent la la'icilé de !".Étal moderne. Il laissa cutendre que par là, la chute de la religion serait Mlfr, et leô JacolJins redoutaient vrécisémenl que celle crainte se répandit et que Je peuple encore facile à fanatiser se souleYàl. « Cne relii;ion que tous les citoyen, salarirnt, dit Chabot, est attentatoire à la liberté du peuple, car un nrlicle drs Droits de l'homme dit: • Nul ne pourra être inquiété pour ses opinion~, mèroc religieuses.> Or, une religion que je suis ol>ligé de salarier est contraire it cet article. C'est ê~re inquiété pour ses opinions religieuses que d"êt1·i,obligé de contribuer au~ frais d'un culte. li csl temps que la nation française s"élè,·e à la hauteur qui lui convient. Appre.nons au peuple à se passer de prêtre:;, et Lieul<'il il saura s'en pa,ser. D'ailleurs, que !"on considèrl! comlJien csl onéreu~ au peuple l'impol que ron payait pour les l"rais de la religion catholique. Ne peul-on avoir une pensée plus économique 7 • Il reüul à la charge le _lendemain el réfuta, non sans force, les objections qui lui étaient faites. A ceux qui prétendaient, comme le fait aujourd'hui .'É~li,e, que le budget des cul les était la représenta lion ùes biens' ecclésiaôtiques nalio11alisés, il répondait : « Leô l>iens ecclésiastiques n·apparlenaient point au ci-devant clergé, mais bien à la nation française. Les prêtres, à raison des Liens imrnt·n,cs qu'ils possédaient, devaient paye~ une contribution à la nation ... Ils s'en ,ont di,pPnsés pendant des siècles. Le clergé est donc redernble à la nation des s0111111cims menses qu'il a su soustraire aux chargeô publiques. Or, ces sommes e1cèlie11lla valeur des biens saisis par la nation. La nation pouvait donc s·eruparrr de ces biens sans accorder aurune inrlcmnité. » )lanucl e,saya de démontrer que !"opinion puLlique révoluuonnaire était '

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