I\Jf,TQIHE SûCIALIS'l'E 233 mon le à l'autel? VousseriPz heureux, au contraire, de donner celle marque de plus de votre adhrsion individuelle, de votre foi. Mais parce <1ue la religion n'est pour vous qu'une routine d'autorité, parce qu'elle s'est imposée à vous du dehors, ,ous a,·<'zbesoin, pour y croire, de la considérer toujours comme une puissance antérieure à vous, vous avez besoin de la concevoir sur le mo· dèle des im,tilulions sociales fondées sur la force el qui si longtemps ont opprimé votre volonté. Yous avez si peu mis de vous-mOmes dans la religion, que vous craignez, en y mettant en effet <Juelquechose de vous-mOmes, de la perdre toute. Dèsqu'elle n'est plus un méc.•rnismètout fait, fonctionnant par des ressorts que vous ne louchez même pas, elle n'est plus rien. Elle n'exi,;le que dans la mesure où elle l'ail de vous des automates; et comme la liberté n·e~t pas à l'origine de votre foi, quand ~n ,·ousappelleà la libertê, on vous appelle au néant. En mOmetemps, il faut faire comprendre au peuple que si l'tg:lise reste, par le hudgel, une institulion d'État, il n'y a pas de raison pour qu'elle ne 1 soit pas pleiucmenl une institution d"ËtaL Qui dit Ég-lised'f:tal dit, en quelque me~ure, religion d'€tat; or, toul ce qui implique une restriction de la liberté humaine doit Mre écarté. C'est par ces hautes rai::;ons, et non par un calcul de profils el perles qu'il faut agir sur la conscience du peuple. L'appel de Cambon aux cabaretiers qui pourront payer eux-mêmes leur curé parce qu'ils paieront moins de patente n·était pas seulement grossier; il était, par là même, inetflcace. La Convenlion put craindre un instant que la motion de Cambon et du C~mil~ des finances eût jeté une partie du clergé con slilulionoel dans lïnsurreclion. Elle fut jugée unîvcrsellemenl malencontreuse. Contre elle Jes partis de la Ré\·olution furent unanimes. Et surtout, quand la Convention vit des prêtres mêlés aux mouvements populaires del'Eure-et;Loir et de l'Eure, quand l~s paysans, soulevés contre ln cherté croi$sante des denrées, protestèrent en mOme l(!mps contre la suppression proposée du budget des culles, la motion de Cambon fut attaquée et désa,·ouée de toutes pal'ts. Brissot, dans son journal le Patriote Fra~ais, (numéro du H np\'Cmbre) se borne à annoncer en termes très brefs, et avec une expression bien vague de sympathie, la proposition du véhément financier: « Carnbon a annoncé des ressources plus consolantes; bien loin d'augmenter les contributions, le Comité propose d'en supprimer plusieurs. C'est eu réduisant les dépenses qu'il ,·eut qu'on réLablisseles finances; il est unedé1•ensesurtout, exorbitante, imphilosophique, immorale, sur laquelle il appelle la sévérité de l'Assemblée: ce sont les 100 millions employés aux trais dueulle calho\ique. » El pas un mot de plus. On dirait un sujet gênant pour Brissot, et qu'il évite. Même quand il rend compte de la séance du 30 novemhre où Dauton parla, Brissot mentionne le discours de Danton, mais il n'en indique point
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