Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOlRt;; SOClALlSTI,; doute sont contradictoires en leur (und, ruais dont la contradiction nï·clale qu'après de longs conflits de conscience: la foi arrlcnlo en la ll(·volution, la roi subsistante au dogme chrétien. Comme Ir constate, anc une stupeur qui dénote une mMiocre connaissance de la nature humaine, le journal de Prudhomme, ce sont les hommes du Di,-AoûL qui ,eulenl aller à la mC$Se.Ce sonl les sans-culolles du faul.Jourg Saint-Marcel qui comm~morenl dans la nuil de 'oël, malgré la défense des magistrats, la dale ,ou,eraine du christianisme. Partout donc mélange, comple~ilé, chao ; cl ce chaos de lacon~cienœ religieuse de la !\évolution se prèle singuli•'remenlaux manœuvrcs cl au, cspérances du clergé. Celui-ci, m~me quand il esl • con,lilulionuel •• mêmr quand il a juré lldélilé à la Hévolulion, n·a pas renoncé à faire de l'f:glise la plu, haute des puis ~ances sociales. EL sous le i,réte,te ingénicu, que l'Érnngile est une première promulgation divine des droils de l'homme, il se flalle de faire enfin de la Révolution même la senanle de l'Égli-e. La Ré,·olulion sera comme une humble sœur cadctlc aménageant les inlérèls matériels de, homme, selon les principes évangéliques doul l'Église a l'interprétation el la garde. Les soulèvements spontanés du peuple des faubourgs contre les mesures de la Commune de Paris durent encourager sin 0 ulièremenl les ambitions secrètes du clergé. Celui-ci n'osa pas pourtant opposer une ré,islancc ouverte el générale aux deux grandes lois de l_aiciléqui instituaient !'Hal ciYil el le d1rnrce. C'élail comme le teslameol glorieux dont, en sa dernière séance, lu Législative laissa l'exécution à la Con"enlion nationale. Depuis des siècles c'est aux prôlres, c'est aux curés des paroi<•es que 1,, pruple de France déclarait les nais-a nce;, les mariage,, les ùlcè ; el n::gli•e en tenait registre. Elle mettait ainsi jusque sur la \'iC civile le scenu de ,a pui,sance religieu,e, ou plut0l la vie ci\ ile élail comme al.J,orbée dans la puissance religieuse. D'eml.Jlée la Révolution comprit qu'il y a,ail une contraJiclion absolue entre ses principes qui affranchis-aient le ciloien el une pratique qui le subordonnait ou plul0l qui l'anéantissait, en fai-anl dépcnJre d'une consécration d'Église la valeur de tous les actes de la vie sociale. Elle étaiL tenue, sous peine de fail1ile à peu près complète, à conller à des autorités purement civiles le soin d'enr~gistrèr les événements ou les actes de la vie civile. Mais d'abord elle hésita à créer les registres de l'él~l civil. Elle craignait qu'en obligeant les citoyens à accomplir el à enregistrer dans des conditions civiles les acles principaux de leur vie, elle parOt les arracher de force à la communion catholique, lanl les prises de l'l>- glise étaient puissante, encore. La Constituante se sépara sans avoir réalisé celle grande et nécessaire émancipation. Elle se borna à en affirmer le principe dans la Conslitulion de t79i : « La loi ne considère le mariage que comme un contrat ci\·il. Le pouvoir législatif établira pour Lous les habitants, sans distinction, le mode par lequel

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