HISTOIRE SOCIALISTE es,enlicl que \'un de ces jours, d,•,anl le parvis des églises fanatisées, on expose à la vue du peuple Lous ceu, qui onl indignement abusé de sa crédulil(•, avec un écriteau portant ces mols: • PrNrcs séditieux, perturbateurs • du r,•pos public el malintentionnés, condamnés ù neuf ans de fer.• i,, idemmenl, à celle dale, la conscience religiruse de la Révolulion esl à l'l:Lll de chaos. D'un côté, il y a une partie des ré,•olulionnaires qui, avec la Commune de Paris, avec Jléberl, avec le journal de Prudhomme, attaquent nnn seulement l'l,glise, mais le christianisme. c·esl le christianisme que Manuel dénonce comme une superstition cl un préjugé. c·e~l le christianisme qu~ combat Chaumelle. El lorsque le journal de Prudhomme considère comu,e • un attenlal aux mrours • que l'on fêle • un bâtard • el • une épouse adultère • ce scrupule de morale domestique ne 1aul pas seulement contre la me,se de 11.1inuil,il ,aut.contrc tout le culte dont le Christ esl le centre el ce,nli'Cla reli!jion mème dont il csl le Dieu. J~ ne discute pa, en ce moment la fonne de polémique du journal de Prudhomme el du pi:re Duchesne. La critique religieuse du x1x• siècle, celle de Strauss el de Renan, nou, a habitués à une autre conception el à un autre langage. Il semblerait aujoura'hni un peu puéril de réduire la libre pensée à des effarouchements de pudeur bourgeoise au sujet de la • bâtardise • du Chrbl. Et le prolétariat ne sera pleinement émancipé de Loule la tradition religieuse que lorsqu'il saura, sans génuflcAion el sans colère, faire sa place au christianisme dans l'évolution de l'esprit humain. Mais san~ doute, d'autres méthodes de comhal s'imposaient aux hommes de 1i92 el de 1703. Cc que je uu~ noter ici seulement, c'est l'indécision de ces derniers mois de 170:!. :'ii Manuel, ni le journal de Prudhomme, ni Hébert, n'osenlavouPr qu'ils veulent en finir, même par la force, avec le christianisme. Ils laissent ,',happer leur pensée, mais ils ne la formulent pas. Entre les deu~ méthode, de déchristianisation qui s'offrent à elle, la Ré\'olulion n'a pas pris nctl,•menl parti. Elle pouvait proclamer qu'elle entendait combattre seulement le~ menée, contreré\Olutionnaires du cler!!é, cl laisser au Lemps, à la raison, à la liberté el à un enseignement public rationnel, le soin de dis,ipe,· peu à peu le, antiques préjugés chrétiens. Ou elle pouvait proclamer, au contraire, qu'une longue violence avail été faite aux esprits par la tyrannie du dogme chrétien el des bahilutlcs chrétiennes, que la raison seule ne pouvait déraciner ce que n'avait 1,as créé la raison, el qu'il fallait interrompre par Lous les moyens, même par la force, une tradition.d'ignorance et de servitude. Mais la Uévolulion, en ce moment, n'est fiAéeni tll'un ni à l'autre des deux points de ,ue. Elle se garde hien de tlécldrcr la guerre aux croyances traditionnelles. Elle affecte même de proclamer la liue, lé entière de conscience el l'entière liberté de cul le; mais elle tr:1hil une autre pensée par des agressions de ·détail qui sont un commencement de guerre fondamentale au christianisme même. El d'autre part, dan, le peuple même coexistent deux forces qui sans
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