216 JllSTOlRE SOCIALISTI-: le polirier volontaire Lallt'ganl-~orillon a,·ail révélé une conspiration a~sez redoutable qui avait des agents à Apt, à Forcalquier, Carpentras, )lano,que, Mane, Gorde, Si,teron, Pertuis, La Tour, Digne, Roussillon, Sérès, Saint-Martin, La Bastide-des-Jourdan", Belmont, Vacqueras, Simiane, Banon, Viens, Lauris. Morillon, en simulant un grand zèle contre-révolutionnaire, surprit la confiance d'un des conjurés qui lui révéla, avec le nom des principaux conspirateurs, le plan de l'opération. lis avaient mandat des princes émigrés, et se préparaient à reprendre, a,ec plus rie prudence, l'opération que du Saillant a,ail compromise par ~on impatience au camp de Jalès. Le complot fut, cette fois encore, déjoué. Mais il élail é,i,lcnl que, sou; terre, les racines de contrerévolution suhsbtaienl. De même. en Vendée, la résistance aux décrets qui atteignaient les prùlres réfractaires <.,~gravait chaque jour. El en Bretagne, une va,le cori-piralion s'ourdissait, sous la main d'un aventurier audacieux, TufOn de la l\oueric, qui avait en 11lc-et-Vilaine le centre de ses opérations. Depuis juin 1702, et avec une commission spéciale datée de Coblentz, il s·employail à ~rouper les forces conlre-révolulionnaires de l'Ouest breton. Son plln était de marcher sur Paris au moment où les armées étrangères passeraient la frontière. Il ne voulait point se borner à la résistance sur place qu'or;;ani-èrcnt bientôt la Vendée el la chouannerie. JI voulait prendre l'otrensh·e et ,errer h capitale Pntre deux feux, le feu de l'invasion prus,ienne, le feu de la contre-ré,olulion bretonne. )lais en cette tactique audacicu~e. ses comité;, surtout celui de Saint 0 ~Jalo, refusèrent de le suivre; et le Di,-\oùl éclata a\'anl ~uïl e0t pu agir. li renonça dès lors à la marche sur Pari,, et ne songea plus qu'a organi,er une sorte dé vaste défensive, une grande guerre de partisan,. Suus le nom de « Milet » et sous un dégui,ement, il allait de cMteau en château, excitant partout la révolte. Beaucoup cle noble~ qui a l'aient, avant le Dix-Aot\t, accouru à Paris pour suneiller d,· plus près les événements, re0uaicnl en ce moment \'ers leurs chà· teau,, sur le conseil des princes et aus-i pour échapper au, redoutables investigations de la Commune de Paris. Les cœurs s'exal Laient dans les entretiens noctUrnes; et dans les sombres manoirs enveloppés de cbê nes, où si sou,enl le pes,tnt ennui avait accablé les àmes, les femmes el les Jeunes filles frissonnaient de toutes les émotions de l'espérance, du mystère et du danger. • Quel pla;sir, a raconté )l"' de Langan, qui sotlait à peine de l'enfance en ces Jours tragique,, quel plaisir de prendre parl à une aventure si romanesque et d'ôlre initiée à un pareil secret! Aussi Je me souviens combien j'étais fière et combien je prenai~ de précautions inutiles pour me donner un air d'importance ... On logea )1. de la Rouerie dans la grande chambre près le salon, dont la porte resta fermée, de manière à ce que ce côté-là de la maison lui était consacré et semblait inhabité, car on n'ou1rail jamais les Jalousies. Deux Jours après, nous dl'jcun:l.mes avec M)I. Tuffin (neveu du marquis) el Chafner, qui, après avoirpas,ë deux jour~ à Villiers, se rendirent chez M•• de
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