Jean Jaurès - La Convention I

204 IIISTOIRE SOCIALISTE l'histoire onl accompagné Yos armes: nous vous en félicitons: vos succès ont clis:,ipé nos inquiétudes mais n'ont aucunement influé sur nos senlimcnls. Somenez-1uus, Fran~ais, que quoique Ct' térnoignagc d'amilié ne parl'iennc qu'à présent, il doit néanmoins porter la date du 27 septembre 1~(1:!. ( lï/s applaudi>.,ements.) (Signé par ordre : )Jamice l\largacol, président; Thomas Hardy, secrétaire.) Celle adresse est vraiment belle. Elle est profondément anglai~e par l'accent religieux qui s'y mêle cl où se marque l'inflnence des dis,idcnls, du parli évcmgt'/ical, passionné à la foi:; pour un renouvellement du christianisme el par la liberté politique. Elle l'est encore par le loyalbme sub~islanl jusqu~ dans une démarche rèl'Olulionnaire. Cc n'est pas à la monarchie qu'ils déclarent la guerre, c est à l'aristocratie. lis avertissent "implemen t le roi qu'ils ne se lai»eraicnl pas entrainer par lui dans d'injustes hostilités contre la Fr,,nce. Il y a dans les paroles de ces hommes de la gravité et de la mesure, pas l'ombre de charlalani,me. Ils sal'enl bien qu'ils ne sonl qu'une minorité infime encore cl ils le disent : mais ils espèrent en la force croi ssanle du mouvement. lis ne pcuvènl laisser entrevoir à la France le concours armé même des Anglais les plus dél'oués. ~fais ils s'e!Torceront tout au moins d'imposer jusqu'au bout la neutralité à leur souverain el à leur ministre. Dès lors, quanti ces esprits si mesurés d'ailleurs, el si fermes, lais,ent éclater leur ferveur d'enthousiasme, quand ils affirment leur foi dans l'universelle liberté el l'universelle paix, quand, sans la moindre réserve ou jalousiP nationale, ils fonl honneur· ù la France de ce sublime espoir, il est inipossiule de n'être pas ému el de ne pas admirer la grandeur du mouve ment humain que la Uévolulion développait. Oui, il n'y a là encore qu·un germe débile : oui, cel éveil de démocratie sera comme écrasé en Angleterre par toutes les forces conserrntrices. ~.lais ce n'c,t point en 1ain qu'une partie de la conscience anglaise aura été touchée par la passion de liuerlé el d'égalité qui raionnaii alor:; de la France. Ce n'est point en vain que les deux peuples o~l rêvé un moment l'universelle paix par l'universelle démocralie. C'est le prolétariat, c'est la démocratie •sociale 11uirecueillera et réchau IIera ces germes. • La Coll\cnlion ordonna que l'adresse fût traduite, et envoyée aux départements cl aux armées. Par son président Iléraull de Séchelles elle fit une réponse prudente et grave. • Paris, le iO novembre 170:!, l'an l" de la füipu• blique: Anglais el citoyens du monde, la Convention nationale a entendu avec une 1ive sensibilité le 1œu éclatant el généreux des citoyens anglais qui s'unissent ùc cœur ù srs lra\'aux : la pensée de GOOO Bretons dévoués hautement à la cau:;e de l'e:,pècc humaine, est sans doute aussi dans le cœur de tous les hommes liures de l'Angleterre.

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