Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCIALISTE 203 « D• 1pouillés enfin de ces préjugés cruels inculqués dans les cœurs avec tant d'industrie par de ,ils courtisans, au lieu d'ennemis naturels, nous ne voyons dans les Français que nos concitoyens du monùe, que les enfants de ce père commun qui nous a tous cré~s pour nous aimer, pour nous secourir les uns les aulres, et non pour nous haïr et être prt\ls à nous égorger au commandemrnl de rois faibles ou ambitieux, ou de ministres corrompu•. « En cherchant nos ennemis réels, nous les Lrou,ons dans les partisans de c!'lte ari-tocralie qui déchire notre sein; arislocralie qui jusr1u"àprésent a élé le poi,on de tous les pays sur la terre : ,ous avez agi sagement en la bannissant de la France. « Quelque rervents que soient nos souhaits pour ,·os succès, quelque ardents que ~oient nos désirs de ,oir la lil.lerlé triomphante sur la terre el l'homme rétabli partout dans la pleine jouissance de ses droits, nous ne pouvons par un sentiment de notre devoir, comme citoyens amis de l'ordre, voler en armes à votre secours. « Notre gou,ernemenl a engagé la foi nalionale que les Anglais resteraient neutres. Dans celte !ulle de la liberté contre le ùe,polisme les llretons rester neutres! 0 honte! ( Vifs ap;,la11di,,r111P11ts.) « Mais nous avons rlonné à notre roi le pouYoir à discrétion; il nous faut obéir: nos mains sonl enchaînée,, mais nos cœurs sonl libres el ils ,ont avec ,·ous. (Applaudi.1sement~ réitérés.) « Que les despotes allemands agi,,enl comme ils le voudront, nous nous rt'jouirom de leur chute ... Nous voyons aussi, ,ans aucun inlérêl, que l'Eleclrur lie Jlano1re (il élail en même temps roi d'Angleterre) joigne ses troupr, à celles des 'traitres rl ,!es brigands. • ~lai, le roi d'Angleterre fera bien de se souvenir que l'Angleterre n'est pas le Hanovre; sil pouvait l'oublier, nous ne l'oublierions pas. Oïfs applaudissements ) « Tandis que vous jouissez, frères el amis, de !a gloire enviée de défen,lrr seuls la lil.lerté, nous anticipons avec transport sur !"avenir pour y ,·oir les arnnlages sans nombre el le bonheur que vous procurerez aux hommes si rnus réusfissez, comme nous le désirons ardemment: la triple alliance non des couronnes (applaudissements), mais des peuples de l'Amérique, de la France et de la Gr,,mle-Bretagne, è.onnera la liberté à !"Europe el la pail à • l'univers. ( Applaudissements ;•éitérés.) « Chers amis, vous com!Jattez pour le bonheur de l'humanité entière. Esl-il pour vous aucune perte, quelque sanglante qu'elle soit, comparable à J'avantage glorieux el sans eiemplc de dire : L'univers" est libre; les tyrans et la tyrannie ne sonl plus; la paix règne sur la terre et c·e,t aux Français qu'on le doil. • Le désir d'aYoir le concours de di!Jérenles sociétés répandues dans toute l'Angleterre a retardé l'envoi de celte adresse. Des succès inouîs dans

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