Jean Jaurès - La Convention I

ll!STOIH E SOCIALISTE 183 élail cil'jà enlr(·e dans 1~sol cl <laus le, cœurs à des profonclcurs qu'aucune viol!'ncc ne poumil allei11dre. Pourrait-on du moins sauYCrLouis~ VIl Oui, si l'un réu,,i:«ail à entrer clan, Paris ... N si. a,ar,t d'y enlr!'r, on n'apprenait point que le prnpl,• ,oulc,c ;ivait surprime 1,, roi. A,ant m,'me que le duc rûl donn6 le signal de la rt'lraile, l'arm(·t• 11'i1nasion ,c sentait Ioule ,acilhnle, toult• l,ernl,lanle au vent d'automne. F,·r,N1111,ledan, ,011 journ d, Je 1 r ol'lohrt•, les lrhill•:,;,pre:-:--eulimcnlsùo11l h:~ t'U'tJr, t:laiënl pé11ctrc:-. « Plus'cur, lrtlres arrhécs clcs émigrés et ,tu ,icomte de Ca1,1111an,du 24, ,1 ,a remml', mandl·nt que Dumouriez ,,,1 dan, un po<lc inallv1uahl,•, que le temps e,t allrcux, qu~ le, armées manquent de tout. On 1lcmolit les m.tisons Jl<HII' se chaufîPr. li a fallu prendre le grain ,J.1n, le, granges. Cc IJUi,e fait prou,e qu'il y a p,•u d'ordre, qu'une grande partie a ét,, pertl,rc, el de, villal{e, entins ron,umt',, ce qni fait grand lori aux mai,un,. Cc pa,, n·otrre plus qne le sp~clacll' Ill' la llé,a,talion N ù'un <lé,crl. Le lahll'au qu'en f.tit l,i vicomte de Caraman tl ,1,.la rni,ère dès h,1l,ita1,lsesl afîren,; il ra 1,111<• a,uir vu, dan, un , illaf!e lonl en fen, un Yieillarù avec ,a femm,, as,is dernnt leur mai,on loul en feu, contemplant dans nn morne silence la ùestruclio11 de tout ce qu'ils po-,édaieul; leur chien él il rourhè près ù'eu,, pou,,ant des hnrlrn,rnh afTreu,. « La lellre de Yauban à sa femme !ait 1111talileau alireux de la mbère des . émi;rés; ,i\nnt depuis dix jvurs à bhouac, sans tentes, sans équipage~. afni~•·s de la dysenterie, sans secours et ,ans moyen de la soulager, manquant absolument de vivres, il avait mangé sa dernière li\ re de pain et ne savait plus où en trouver. Ces deux lcllrcs ont l'air de douter du succès de l'entreprise el di,enl : Dieu seul sait comment cela fini,•a. Le vicomte parle d'une canonnade qui a duré qLntre heurc's par cent pièces de canon de pari el d'autre (c'est Yalmy); l'artillerie française dans les retranchements élail senie à meneille el a luo beaucoup de monde. » Comme le chO.limenl a ét6 prompt èle la fatuilo et de la sauvagerie I Ces ètourdis, qui s'imaginaient n'a\'Oir qu'à parallre pour dbsiper les bandes fupr,lcs ùe la Révolu lion, élaient tout penauds d'apprendre qu'elle a,ail des boulets qui portaient juste et qui faisaient mal. Ces furieux qui avaienlpoussé l'envahi~seur à la violence et au meurtre, el qui avaient toléré le, pillages, s'étaient ain,i atramé8 eux-mômes; et l I dé,olalion répandue par eux revenait à leur âme lassée. Dans l'étal pitoyable de leurs ner•fs, ils étaient troulJlés, eux les fanfarons el les implac ,bic~, par les aboiements lugulJres d'un pauvre chien qui hurlait misère. Qui sait si de Brunswick n'entendit pas celle voix d'abandon el de détresse? En tout cas, de ces émigrés si arrogants naguère il ne lui venait pas beaucoup ùe réconrorl. Mais voici que les craintes s'aggravent cl que les pronostics sinistres se mulliplienl. Fersen noie le 3 octobre dans son journal : • Un courrier autrichien, olflcier, parti le 28 (septembre) au soir, de l'armée, dit que la suspen-

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