i82 IilS'l'UlllE SOCIALISTI, « Crue terriblr réflexion doit aqi/fr le cœur d'un roi humain el juste, Il doit jur1n· que, birn loin de prolrl_r1prrar {r.<armrs le sort de Lo11is.\Tl et de sa famille, p/11sil ,·estera notre ennemi, plus il aggravera leurs calamités.• Pilr quelle aberration le duc de Brunswick, <JUiarnil ourcrt lui-même les pourparlers, répondit-il à la note conciliante de Dumouriez par un manifeste insol,·nl où de nou1cau il sommait la nation française de ménager le roi, et où il in-istail pour que la dignité royale en France fùl l'élablie sans délai dan;: la pcr;;onne de Louis X\'l et de ses succes,eurs 7 Le duc de Bruns11ick arnit-il eu peur soudain de s·,11rc engaié trop a,·anl, el d'avoir trahi s1 faiblesse? Ou bien interprét«-t-il rcmpre,semcnt de Dumouriez à lui répondre, le ton conciliant de son mémoire, rom me un sif(ne de lassitude et de crainte? Il semble bien que !"espérance soit 1111 moment revenue au,, envahi~scurs. Pcrsrn foisait sans doute écho :\ dt•s bruits qui lui Ycnaienl de l'entourage de Ilrun,\\ :ck lorsque, h• 28 ,rptcmbrr, il (•crh·ail de Brn,elles au baron de Breteuil: • Sïl est vrai, comme on nous ra dit hier, que Dumouric;; ait dP111andé à capituler, c·est le moment de lui parler et de faire ses conditions. » Dans son journal, à la date du ~8, Fersen note celle rumeur:• Un oflicier cil il autrichien mande au comte de )lei tcrnich, par estafelle du 25, qu'un courrier prus,ien a dit que Dumouriez était enveloppé, qu'il avait demandé à capituler et à se retirer a,cc ses troupP-, en aba1,donnanl ses canons, ses bagages el ses tentes; qne le duc avait dmrnndé toutes les armes sans dbtinclion. • :C,idemment, c"était 1111 gro-sbemcnt fantastique des illusions que se ·'f-- t fabail !"entourage immédiat du duc de llrun,wick. )lais il est 1,rrmis de conjecturer que ces bruits drangement oplimbtes ne se seraicn l point répan,!us si dans l'armée prus-icnno on n'a,ail un moment interprété l'altitude de Dumouriez au moins comme une marque d'hésitation et d'embarras. Aussi quand il réponrlil fièr<"mrnt Pl hrutalement,après le maniJ'c,tP de Brunswick, que toute comersation était désormais impossible,c'est encore le poids d'une déception qui s'ajouta à tous les mécomptes sous lesquels pliait l"esprit du gt•JJéral pru>sien. Le cfuc de Ilrnnswick put même se figurer que Dumouriez l'arnil joué cl que par de feintes négociai ions il avait immobilisé sous la pluie l'armée qui ,e décompo,ait. Le général prussien fut ainsi conduit à douter de lui-même comme de tout l,! re,te; et il n'avait plus qu'une énergie morale diminuée quand s'imposa à lui la <Jueslion décisive : Allait-il encore s'enfoncer ver:; Paris dans les plain,•;; boueuses de la Champagne, ou ballrait-il en retraite? De tout le poids de sa la:;silu,Je, c'est vers la retraite qu'il inclina. li ne se sentait plus la force de porter les responsabilités. Or, c'était une responsahililé reduutahle d'aller ain:;i Yl'r, Paris grondant, avec une armée malade et arnoinrlrie, suus la suneillanrc el la menace de l'armée révolutionnaire en qui s'Pxallait le ,enliment de la force. De plu~, quel résultat poU1ait-on allenùre de celle campagne imprudenle el presque désespérée ? li ne fallait pas songer à déraciner JaRévol_ulionqui
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