H !STOi f\ E SOC!.\ LI ST!, était t.lev;111t t·tn, soudain réelle, immense, portant en elle Loule la force ru·le du peuple enfin 01·eillé. Pour eux aussi c'était un contact émouvant. Robc,pierrr, plus démocrate jusc1ue-Ià que républicain, el qui abritait Yolontirrs le vaisseau de la Révolution dans la racle de l'ancienne monarchie, était maintenant, arrn Loule la nation, entrainé au large; la démocratie s'agra!lllissail, ,e déroulait; quelles tempêtes et quel> naufrages réset·vail cet océan? El comment, sur celle grande étendue découl'erte, couler les fortunes rilales qui faisaiem rnile avec la sienne? illais surtout, pour Lous el pour les nouveaux ,enus comme pour ceux qui avaient déjà lullé, c'était l'impression tragique de l'irréparable rupture a,ec le passé. C'était la lulle à outrance contre loul le \ieux monde au dedans et au di,hors. C'était une nouveau lé sublime el menacée qui, par sa hardiesse même, déclarait tacitement la guerre à toute servitude el à toute forme incertaine el incomplète de la liberté. C'était une affirmation glorieuse et c'élail un défi. Que d'clîorls ne faudrait-il pas déployer, pour soutenir la noble gageure! El que cle périls as,umer ! Le, cœurs montaient, et comme le dit en une grande image un écrivain de ce temps (Révolutions de Paris, septembre 1702;, pour l'œuvre herculéenne prtssenlie par tous, les muscles mêmes se leudaienl : « Cn célèbre a, tiquaire disait que toutes les fois qu'il passa il devanl la slalue d'lle1·cule il se t1ou,ail grandi de plu,ieurs pieds. Tous ses memb1·es se raidissaient; ,on pas devenait plus grave, plus sû,·, sa voix plus m~le, le mou,emcnl de luutes se, artères plus sen,ible. Yoilà de quelle trempe doi1ent êtie i,os législateurs. » Raudol, bien de, années après, au fonù de la délaite el de re,il, défini,- sai~ en quelques paroles impersonnelles le Couvenlionncl intrépide: « li a o,é marcher sur la crête de la _\lonlagne sans que sa Lèleait tourné. • C'esl il l'affirmation de la République quo commence la ligne de fatle hasardeuse. Combien dont la tête tournera I Combien dont le pied glissera l Combien au~si, que la haine violenle ou .ournoise précipilcra dans l'abîme! !lais un moment, par la commune sublimilé de l'affirmation républicaine, ils sont tous« sur la cr~le de la :\lontagne », réconciliés peul-élre avec les autres el al'CC eux-mêmes par l'ampleur d'une émotion inconnue, eL décou1ranl au loin la nation vaillante el troublée, l'humanité incertaine, esclave ou hostilr, un immense horizon splendide eLàpre, un champ presque illimité d'e;p6rance et d'éprcu,e, de lil,rrlé el de combat, qu'une aube ,iolente el douce illumine cl qu'à large, ~mures coupe la mort. Les Conn1,lionnels, pour traduire ces impressions grandioses, étaient inépui:;alJles d'images. Cambon a noté merveilleusement la disparUion brus que de Loul ce qui était factice, ol.Jscur, équi1•oque, la soudaine eL élilouissanle entrée du jour. Ilien de~ années après, et dans l'ombre même de la dé-
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