Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOlltE SOClA LlSTE 170 faite rt de l'exil, c·est 1nr une g-rande irruption de lumière qu'il caractérisait la Cnnl'en lion: « La Révolution, ,oici ce que fen sais: l'As•emblée constituante avait allum<i un grand flambeau à côté d'un saint, dans un tample; la lueur uu flambeau faisait ,oir tous les défauts du saint. A l'As•embl6e législalile, nous avons renversé le saint .. \ la Convention nationale il n'est resté bribe ni nu saint ni du flambeau, mais nous avons cassé toutes les litres du temple et le peuple a vu clair de toutes parts, le jour est entré partout. • Ce sont d'abord des nouvelles heureuses qui arrivèrent à la Con\'enlion. L'armée prussienne, arrêtée devant Valmy, hé,ita un instant et s'alf.li,;sa rnr elle-même. Au contraire, Dumouriez et ses soldats étaient pleins d'ardeur et d'élan, Dumouriez ne pouvail savoir toute la profondeur du coup qu'il venait de porter à Valmy; mais il savait que si l'ennemi se risquait à aller sur Paris, cc serait d'une marche incertaine et d"un esprit découragé. Lui, resté un peu en arrière el à droite, le presserait, l'acculerait vers Paris comme vers un abime. C'est le plan tracé par Vergniaud, Dumouriez, le 21, colllmuniquail à Servan ses espérances: • Hier, 20, ar-rès une attaque de 8 heures, sur le corps du général Kellermann, campé sur les hauteurs de Valmy, les Prussien,, après a1oir beaucoup perdu, ont continué leur marche par ma gauche; ils sont suivis de la colonne de, Hessois el desémig1és, qui passeront de"anl moi aujourd'hui; je vais les serrer de près cl ,uivre leurs mouvement,, avec l'armée entière qui est très animée. Je ne resterai pas longtemps dan; la position que foccupe, je sui,rdi les ennemis dans leur marche, si elle est dirigée sur Reims, je les serrerai de près. • Brunswick senlit le danger; et il ouHit des n•gocialions; mais a1cc quelle incertitude cl quelle maladresse! Il était trop éclairé pour ne 1,as contpreudre la gran leur el la puissance de la Révolution qu'il comliallait. Il aurait donc dll se horner à demander des assurances pour la vie du roi Louis XVI. Mais il était entrainé à les demander aussi pour son pouvoir. Il dit à l'adjudant général Thouvanot, qui négociait l'échange des prisonnier3: « Nos nations ne sont pas faites pour être ennemies; n·y aurait-il pas quelque moyen ùe nous arranger à l'amiable? Nous sommes dans votre pays; il est désolé par les malheurs inévitables de la guerre. Nous sa\'ons que nous n·a,ons pas le droit d'em?~cher une nation de se donner des lois, de tracer son régime intérieur, le sort du roi seul nous occupe; que deviendra-t-il ?Qu'on nous donne sur lui des as,urances, qu'on lui assigne une place dans le nouvel ordre des chos~s, sous une dénominati01l quelconque, et S. M. le roi de Prusse rentrera dans ses État, el devien1ra votre allié. • Quelles contradiclioos puériles el quelle lassitude! Comme il est visible

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