111',TOIRE SOCIALISTE 177 Toutes les circonstances 011t changé, et à beaucoup d'égards nous pouvons voir du m~me œil les républiques contemporaines. « :-ious sommes les premiers et les seuls qui donnons à la nôtre, pour ba-es, les saintes lois de l'égalité, en cela d'un avis différent de la charte anglaise qui admet un roi, une noblesse el deux chambres, haute cl basse. Les premiers el les seuls, nous gardons un gouvernement tout fraterni·l. J>11i.,,ions-ll01tasvoir des rivaux! n11tis à coup stîr 11011,1·m·nn,poi11l dr•modé/r : nous n'imitons personne. Rome naissante demanda de, lois à la G, èce, laqu(•lle avait elle-même tout emprunté it la vieille f:gypte. :-iou, prenons une tout autre marche; c·esl la nature seule que nous consulton•; nous rcmontm,s au, droits imprescriptibles de !"homme, pour en déduire ceu, du citoyen. » Airsi, pour cette République toute neuve, il faudra que la nation se fas,e 1ine ùme toute neuve, une i\me de liberté, d'égalité el de lnmièrc. 'l'ou; les conYt'nlionnels, quelle que fùt leur origine, eurent comme un lr,·ssaillernent à la grande nouveauté qui sortait d'eux. Certes elle était comme l'accomplissement de ce qui, depuis trois annôes, se déreloppail. Quand les Constituants a,,licnl formulé les Droits de l'homme et du citoyen, quand il; avaient affirmé la someraineté ùe la nation, qnancl ils a\'aienl dit que la loi étail l'expression de la ,olonlé générale; ils avaient, par là môme, condamné el éliminé d"annce tout cP qui serait contraire il la souveraineté de la nation et à re,ercice de sa volonté. El dans la logique profonde des chose,, c'e;t de ce jour-là que datait la République. ~lais respl'Ît de l'homme se dérobe volontiers à la pure logique de la pensée. ~lême en ses jours de hardiesse, il ne va pas jusqu'au bout de ses principes; ou il n·cn voit pas les conséquences extrêmes, ou bic11,1,arce <1u·c11c!s"éloigneraient trop de ses h1l.,itudes et de la forme présente des choses, il espère quïl n'y sera point entrainé. Il est d'ailleurs autorisé et encouJ.Jgé à ces lr.1nsactions par l'hi-toirc humaine, qui est une série d' compromis, une perpétuelle violation de la logique abstraite. Or, ,oici que pour les Co1.stituants entrés à la Convention celle conséquence extrême apparaissait; toul le décor de la royauté conslitulionnelle qui leur masquait depuis lrois ans les perspectives infinies el lroublanles, tombail soudain; et toute leur pensée se révélait enfin à eux-mêmes, en une immensité qu'ils n'avaient point prévue ou dont leur esprit effrayé s'était détourné jU5que-là. Être ainsi dépa,sé par soi-même, el voir son œuvre grandir plus haut que soi, c·esl une ,les pl11s fortes émotions de la conscience humaine. Les Girondins aussi étaient émus; ils étaient pins familiers avec l'idée de République et leur esprit amil joué a,ec celle hypothèse. Mais ils s'étaient accoutumés aux combinaisons, aux ajournements; ils aYaient été les ministres de la royauté, el ils s'étaient parfois accommodés, au fond de leur pensée, de l'idée d'une République à enseigne royale, ouverte surtout aux plus brillants des hommes d'Étal, aux plus diserts des orateurs, à une • élite " républicaine. Et voici que la R•'puulique
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==