Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIRE SOCl.\LlSTC IG7 parce quïl lui avait rn,oié uei émis•aireà Berlin, il ya quel11uesmois, pour montrer repentir. ·commentaire inepte: ce fui toujours la politique rle Dumouriez, d'i;;oler l'Autriche de la Prusse.) Mais dans cc moment il n·a rien ré ondu aux lellres; il les a sculrmenl déchirées en l11~~petits morceau, dc- \,lll l le pot leur el a dit: « J·y rl11ondrai à coup, de en non», le loul f.tit froidement. Yous voyez qu'il ne reste rien à faire a1ec cc ùrôle, au u:oius de ce côté-ci. ~lais peul-être avons-non- la re-,ource de l'allaqurr plus fructueusement par la voie de Rivarol, rlont je ,·ou, ai parlé Cl qui doit a voir eu répon,e de sa sœur, à laquelle je l'a ,ais clnrgé <l'écrire des douces cl utiles propositions, tant pour elle que po!tr Dumouriez. Celle sœur esl s1 malln•-,,· el a, suivant Rivarol, un crédit absolu wr üumonriez. Au resl~, ïami, dil it llirnrol de souuir en mon altscnce à l'évèque ,ur Cc que la sœur répou Irait. • L·e,pril de Rivarol cl ronc.ion de l'é,~que, un p,u inattendu eu ce doux emploi, ncpouraicnl r,•us,ir encore. Autre chimère du môme baron: • Je m·aua Ile loujvurs à la pcn-ée que 1. raison qui a fait roll\rir les portes de Pari$, clen laisser ~orlir de II u,·eau ,ans passe-port, c'est que les mbérahles ,culent pouvoir s·tehapper à l'approche des armées.» Quel niais! t:n moment, les émigrés el les alliés eurent une raison pl11, solide d'espérer. Quand le pa-sagc de la Croix-au,-Bois eut élé forcé ~ar eux, ils purent croire qu'ils allaient envelopper Dumouriez. :-lais celui-ci, par une retraite de nuit tout à fail halJile, ie f5 septembre, se dégagea. El avec un sang-froid admirable, au liru de se précipiter vers Paris, il re,la appuyé au sud de la forêt d'Argonne, et se dirigeJnl ver, \'almy, un peu il l'our.,l eten arrière de la roule que su il rail llrunswick pour aller YCl'S Chillon•, il se linl ainsi en étal de surveill,•1· l't•nnemi, el au besoin, sïl pou,:;ail ,a poinle, de tomber sur ses derrières. Au moment donc où il rléhouehail a1ec une armée hara.,,ée dans les plaines 'détrempées el mornes de la Champagne pouilleuse, Bru:,,wick était obligé de ~c heurter enfin à l'armée de Dumouriez, bien éla!Jlie sur l~s hauteurs el rpuforcée par les troupes de Kellermann. C'e,l le combat de Yalmy, sur la droite de la roule c1uiva de Sainle-~lenehould à Chàlons-sur-\larne. C'est au~ troupe;; de Kellermann que, le 20 au malin, se heurta l'armée prussienne. Dumouriez accouruL dans la journce pour donner aide el conseil. Le duc de Brunswick el le roi de Prusse ne virent pas sans inquiétude celle forte armée massée sur les bauLeurs el sur les pentes. Mais quoi? maintenant que l'occasion s'olîraii. d'une rencontre décisive, les vieilles troupes du grand l'rédéric allaient-elles hésiter? L'attaque fut décidée ; eL quand l'armée prussienne sut que les irré,olulions de ses chefs étaient enfin fixées, les souvenirs glorieux de la guerre de Sept ans planèrent sur elle. Qui donc aurdit rai;on de ces vétérans? ~e disaientils pas, en dérision des costumes des frêles volontaires, qu'ils allaient ct·un geste • casser celle fafrnce bleue •?

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