1613 JIISTOIIIE SOCIALISTli cipes du m<>mentrépugnent encore plus à la sél'érilè dont nous a1ons hesoin. Le duc cle Brunswick ne veut pas qu·on lui reproche de sévérités en France, comme en llo!l,111,le;il veut, au contraire, effacer le souvenir des pren,ières JJar Je, formes actuelles. Ce calcul ,st trl!s fâcheux pour nous, et 11011s tai,serri trop rl"rmbfl1'rc1s si je ne JJarviens pas à le foire changer. Je ne puis me dissimuler qne ce sera cho,e difficile ... L~ roi de Prns,c, de son côté, est le mei!- leur des hommes, et tous les mouvements qui le portent à ,ecourir le roi, le portent au»i à une grande bouté. Cependant, il m·a J)romis de donner des ordres de sé1érité, et de les faire exécuter. Yarennes, J)ar exemple, doit être châtié ces jours-ci, mais je ne croirai à l'e1écution qu'au tant qu'elle sera faite. » Et il ajoute : « Je crois, comme vous, qu'il ne faut pas être trop sévère sur le pillage, JJOUrconsen·er l'ardeur du soldat, el sur cela il n'y a rien à demander aU\ généraux, ils sont fort indulgents pour leurs soldats; ainsi, en le laissanl, on estsùr que l'avidité du ,olùal sera salisfaile; au reste, il serait sans fruit de l'OUloir s'y OJJJJOSer.Vous m'avez souvent entendu gémir sur ce malheur; mais il va plus loiu que je ne cr?yais. Les Hessois surtout le portent à !"extrême: ces six mille hommes consomment en huit jours ce qui en fcrail vivre vingt mille, el démeublent Ioules les maisons. • J'ai souligné la phrase abominable: celle où le baron de Breleuil regrette que les Prus,iens laissent aux royalistes la désagréable besogne d'égor,,er eu.\-mémes les jacolJins. li valait mieux pour la monarchie que l'e~écutio11 fùl faite par l'étranger, et qu'elle trouvât des cadavres tout faits. Celle r olitiquc de chacal donnait au duc de Brunswick et am officiers culli\ és de son armée comme des cauchemars de cimetière. Pourtant, à tral'crs tous ces brouillards lugubres, le généralissime de rarméc prussienne ne dése;1,,'rail pas encore d'atteindre son but. ~lais ce l,ut, dès Verdun, et avant mCme d'avoir subi l'éJJreuve de l'Argonne, il le rédui-ait le plus possible. « Le duc, écrit de Breteuil dans celle même lettre du 12, n'a qu'un but: arriver à Pari,, et sauver le roi.• Il comprenait très bien qu'il ne pouvait pas engager l'armée de la Pru,se d,ms une lutte à fond contre le grand mouvement politique et social dont, dl!s sa rentrée en France, il avait perçu la force et l'étendue. :Uais autour de lui, persistaient les illusions JJUérile,. Les émigrés qui avaient rencontré Dumouriez dans les salons de l'ancien régime, crurrnt quïls J)Ourraicnt le sé<luire. C'était trop lôl. Comment aurait-il allandonné la m~nifique partie dont il JJOuvait altendre tanl d'éclat, et sans doute tant de p0l1Yoir? « i'(ous avons, écrit encore de Breteuil, envoyé deux émi,saires à Y. Dumouriez; c'est le comte Dumontier qui lui a écrit et qui se croyait en droit ·de le faire d'après rlivcrses conYersations qu'il avait eues avec lui à Paris. D'ailleurs, la cour de Berlin es1érait que ce Dumouriez voudrait l'entendre
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