Jean Jaurès - La Convention I

II ISTO!I\ E SOC! ALISTE \) L'As~emblée rapporta son décret. et décida que le nouveau directoire du départemenl n'exercerait son contrôle que sur les opi•rations financière~ de la Commune. Mais la LéE(islative ful certainemrnl froi,,ée du langaE(ede Robe,- pierTe el un peu effrayée aussi. Il l'avilit réduite à un rùle bien humilié, bien inférieur. !lavait concentré dans le peuple de Paris eLdausla Commune qui le rr_ présentaitlout le droit révolulionnaire,etquand il demanclail que les« délégués du peuple "• pussent s'adresser sans intermédiaire à l'Assemhlée, il demnndait en réalité qnr la Commune pût donner directement des ordre,, ou, ~i l'on aime mieux, des inclicalions impérieuses à la Législali\'e. Cruelle bles,ure d'amour-propre pour les députés, pour les Girondins surtout qui, subissant la force des é1énemenls dont Robespierre était l'interprète, commen~aient à former des r61'oltes ùe leur orgueil une accusation de dirlature. Et pui:,, co111bie11de temps durerait ce droit révolutionnaire de la Commune de Paris•? Si, au nom du Dix Août, la Commune pouvait subalterniser la Légi-lative, ne voudrait-elle pas dominer au,si la Convention nationale elle-même qui, apri's tout, n'élail appelée à la vie que par la l\évolulion du Dix Août•? Surtout, si, dè, maintenant, tout Ir droit de la l\é1olulion parais,ait concentré dans la Commune de Paris, les as,emblécs prîruaires élrclorales de toute la Franre, guidées par les cléli•gué, de la Commune, n"allaient-elles point faire de l,1Convention nourelle une image amplifiée de la Commune de Pari,'? Gran,Jr dut être dès ce~ premiers jours l'inquiélude de la Gironde. Le morrtagrrard Thuriot lui-n1t'me. tout en appuyant la motion de 1\obc,pierr(', semble bien insister sur le caractère e,ceptionncl des circonstances. li marque par là au pou,·oir e,traorclinaire de la Commune un terme assez prochain. llab c'était punr elle une importante \'ictoirc d'arnir obtenu le-rappel du décret qui instituait le Directoire. Cc pouvoir, ainsi jalousement défendu, !a Commune l'emploie ,i3oureusement à des mesures de police révolutionnaire et de défense nationale. c·est elle qui arrMc le 12 que Louis X \'1 el sa famille 5eront « rlépo,(•s dans la Tour du Temple ». Et rlle délè;.:ue pour le conduire du Luxembourg an T,•mpl~, ,on procureur Manuel, le pa,semcnlier ~liche!, le poète tragique L1ignclot, et hcordonnie~ Simon, celui qui plus lard garder.1 le Dauphin. Elle décide en celle mêmr séance du t2 de ~aisir à l'adminblration de, postes et d'arrêter tous le, journaux contre-révolutionnaires, ou, comme rlit le procès-l'erbal « les productions aristocratique,, errlrn autres: l'.lmi d11 Roi, la Gazrtle universrlle, la Ga;ette dr Paris, l'fndicalrur (in,)lirè par Adrien Duport), le Mercw·e de Fra11cr, lt' Journal de la Cour et de la t·ille el la Feuiltr du Jour. ,, Elle appelle à sa barre le directeur des po,te, qui reçoit l'ordre de ne plus expédier une seule feuille royaliste ou feuillantine; et elle prél'icnt ainsi toute tentative de la contre-révolution pour semer la panique dans les départements, la révolte dans les armées. Elle met en état d'arrestation le, auteurs

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