Jean Jaurès - La Convention I

11ISTOJllE SOCI.\ LIST!, l\mcs ronlri,t, ..:s!.J,• IPur lb i•Kalemenl le lalJIPau des ressources de nosdépart,•menls, el de nos espérances. Je ,is une joie douce ,e n'•pandrè sur le lronl dr Rolancl; il me serra la main et t'uL chercher une carte géographique de la France. « '.'(ous observl\mcs que des bords du Rhin ù la mer cle l'Ouest, la France ét-lil partaixée par les montagnes des Yosges, du Jura el par la Loire qui coule ùan, la m,'me direction. Entre les points où les rochers finissent el celui où comnwnre la barrière des eaux, sont des plaines a,sez vastes qu'il fallait dofendre par un camp; les montagnes rcussenl été par leurs fiers habitants, et les bords de la Loire par des redoutes qu'on y eût facilement élevées, car le fanatisme el nos fautes n'arnienl pas encore armé la Vendée. Si !"ennemi eût forcé le camp, s'il eûl passé la Loire ou tra,rrsé les montagoes du Jura, une seconde barrière del'ail l'arrôler ; ù l'Est, le Doub,, l'Ain, le l\hône; ù l'Ouesl, la \'iennr, la Dordogne; au centre, les rochers rl le, riYières ùu Limousin. Plus loin, nous avions l'Auvergne, ses IJutles e,carpée~, ses ravins, ses Yieilles forèls, el les montagnes du Yelay, jadis embrasées par le l'eu, 111aiulenanl couvertes ,le sapins, lieux sauvages où les hommes labourent la neige, mais où ils vivent indépendants. Les Cél'rnnes nous offraient encore un asile troµ ci'lèhrr pour n'être pas redoulahle à la tyrannie; el à l'extrémité du Midi, nous trouYions pour barrière l'Isère, la Durance, le Hhône, depuis Lyon jusqu'à la mer, les Alpes el les rempnrls de 'roulon. Enfin, si tous ces points avaient i'té forcés, il nous restait la Corse; la Corse où les Génois et les Français n·onl pu naturaliser la tyrannie, qui n'allencl que des bras pour èlre ler- ·lile el de, philosophes pour se guérir de ses préjugés. • Roland pensait qu'il fallait former au centre du Midi des magasins de subsistances, s'assurer de la manufacture d'armes de Saint-Étienne, el occuper l'ar,enal de Tuulon. Je désirais de mon côlé qu·on n'ahandonnàt pas la Bretagne ... La marine ùe Toulon ne suffira jamais pour donner à un Élal un rang parmi les puissances marilime•- Dre,t nous était donc nécessaire, el je pensais que des bords de la Loire on pouvait porter la lilJerté jusqu'à la pointe d'Ourssrnl, en établissant des points de résistance sur les rivières el au milieu même des landes, depuis Granville jusqu'à la Flèche. « Toutrfois nous ne voulions pas abandonner les départements du Nord et Paris; il ful, au contraire, résolu que nous tenterions tous les moyens de les sauYcr. 1) Je ne rnux pas exagérer lïmporlance d'une con\'ersalion sentimentale el romantique entre le vieux bureaucrate naïf el le jeune Marseillais à l'imagination vagabonde; je ne ,·eux pas non plus relever la puérilité extraordinaire de leur plan de défense. Ils semblent considérer comme négligeable la vicloire de la conlre-révolulion à Paris. El pourtant, si le roi vainqueur est matlre de la capitale, si les Prussiens, les Autrichiens, les émigré,, les nobles, les prêtres tiennent Paris, il y aura jusque dans le Midi un retentissement funeste; ol de

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