Jean Jaurès - La Convention I

IIJSTOllli, SOC L\ LIST!,; Toulon, de '.lfarseille, d'Arles, d'Avignon, ùe Toulouse, les royalistes exaltés de nouveau par l'e~péranc~ prendront à revers le, patriotes en désarroi, qui se replieront de ligne de retraite en ligne de retraite. :Jais à travers tous ces enfanti~lages, il y a un lüit grave : que devient la France clan, ces calcnk/ Elle semLle s'évanouir BnrLarou<, Roland, onl une facilité étrange à la concevofr rnns Paris. On élirait qu'avec quelques tronçons de l\él'olulion méridionale ei c1uelques llols de Ré10lulion bretonne, il; s'imaginent refaire la France el la maintenir. Chose inouïe: il y a un moment, dans le système de Barbaroux, où la France révolutionnaire lient loul entière ùans la Corse el dan, la Ycndée. Pour avoir trop aisément déserté Paris, le cœur toujour, chaud de la Rérnlulion et de la pairie, voilà le; Girùndins réfugiés atn exlr<'·milés inerte, et <:lacées. c·e,l à ce qui est le moins la France, c'est à la Corse à peine annexée d'hier, c'est à la Vendée déjà travaillée par un esprit ùc séparali-mc el d'insurrection. qu'ils demandent le ,alul supr~mr. Étrange cl dangereu,c aberration; car c'était a[aiblir la dMense que de prendre au,si ais,imenl ,on parti de la perle de Paris, c'élail perdre la France que de se figurer je ne sais quelle survivance de la patrie réduite à quelques fragments épars. Il serait criminel de bâtir sur ce roman d'une heure une accusation sinistre de lrahi,on contre la Gironde; mais il apparall, par la facilité de ces rêves dissolyanls, qu'elle était incapable de sauver la Ré1olulion el la patrie. On clirait que le cœur de la Gironde ne coïncide pas exactement al'ec le cœur de la France. Acelle heure tragique où toutes les énergies devaient être comme-ramassées en uncenlrc, il, s'abandonnent à la dérive au cours incertain de la Loire ou au cours irnpélueux du Rhône qui fuit vers des rivages lointains. Je ne sais quelle obsession de la patrie locale, et je ne sais aussi quelle rnnilé des influences locales obscurcissent la notion de la grande palrié menacée. Barbaroux, qui a négocié a, ec le général Montesquiou, qui compte sur lui, se voit déjà le centre de la résistance dans le ~lidi, le héro, de la France méridionale saurnnt, sur les bords du Rhône, la liberté du monde perdue aux bords de la Seine. Fragiles mais dangereuses chimères! ~lm• Roland ne couleste point le sens de ces conver.alions : • c·esl, écrit-elle, dans le courant de juillet ( 1792), que, voyant les affaires empirer par l 1 perfidie de la Cour, la marche des troupes étrangères el la fdi• blesse de l'Assemblée, nous cherchions où pourrait se réfugier la liberté menacée. Nous causions souvent. avec Barbaroux el Servan, de l'excellent esprit du Midi, de l'énergie des départements dans celle partie de la France, el des facilités que présenterait ce local pour y fonder une République si la Cour triomphante venait à subjuguer le Nord el Paris. • Nous prenions des cartes géographiques; nous tracions la ligne de d6· marcation; Servan étudiait les po~itions militaires; on calculait les forces. on examfnail la nature et le moyen de reversement des pro luctioos; chacun

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