Jean Jaurès - La Convention I

152 JllSTülllE SOCIALISTE Détestable polili<Jue, raclicc el arlincieuse. Roland, dès le iS, sous prétexte que la garde nationale de Paris n'avait pas su préserver du vol Je garde-meuble, concluait étrangement« qu'il rallail à l'Assemblée nationale une force armée, conlinuellemenl à .sa réquisition elcapable, par sa constance el son activité, de maintenir à l'abri de toute atteinte et les représentants de la nation et son trésor el ses archives et ses enfants ». C'est l'idée de la garde conventionnelle départementale qui perce; tout le plan de bataille de la Gironrle, puérile el âpre, était dressé avant même que la Convention se réunît; el :\farat exaspéré, se contenant à peine malgré les avis de modération el de prudence qui lui étaient donnés de Ioules parts, ,emblail prôl à faire malgré lui, par la ,iolence de ses propos, le jeu des Girondins. 11 s'écriait le jeudi 20 septembre, c'est-à-dire le jour mi'me oü la Convention vérifiait les pouvoirs de ses membres : « Frères et amis, n'oubliez jamais que la municipalité provisoire qu'ils s·errorcenl d"anéanlir a sauvé la pairie depuis le O aoül el qu'elle peul la sauver encore. N'oubliez jamais que son Comité de surveil• lance, qu'ils s'efTorcenl de rendre odieux, veille jour el nuit au salut public. N'oubliez jamais que Yous seriez déjà égorgés par les conspirateurs s'il ne s'assurait des malveillants, des traitres, des contre-révolutionnaires connus. « Songez que pour vous garantir de leurs attentats et les mettre dan~ l'impuissance de machiner, il foui, dans la crise actuelle, une maison d'arrêt où ,oient enfermés les malveillants el les ennemis de la patrie, jusqu'à ce que la liberté soit a,snrée. Demandez vous-mêmes celle maison à la Commune et pressez-la d'en choisir une süre et commode où ils vivront à leurs dépens. C'est assurément la plus douce clrs mesures à prendre contre eux que de les traiter de la sorte. • El le 21 septembre, c'est-à-dire le jour de la première séance cfTectiveoc la Convention, )larat, après avoir raillé assez agréablement Pélion : « Pélio11 est un bon homme, un homme probe, j'en conviens; il figurerait à merveille dans une place de juge de paix, d'arbitre, de caissier municipal, de receveur de'collège, de receveur cle district; mais il a dos yeux qui ne voient rien, des oreilles qui n'entenc:enl rien, une tète qui ne réfléchit sur rien, » termine par ces paroles graves el facil~s à exploiter contre lui: « Une seule réflexion m'accable, c·est que tous mes elforls pour sauver le peuple n'aboutiront à rien, sans une nouvelle insurrection. A voir la trempe de la plupart des députés à la Convention nationale, jfl désespère du salut public. Si dans les huit premières séances toutes les bases de la Constitution ne sont pas posées, n'allendez plus rien de ces représentants. Vous êtes anéantis pour toujours, cinquante ans d'anarchie vous attendent el vous n·en sortirez que par un dicta leur vrai patriote et homme d'État. Op:uple babillard, si tu savais a9irl • Ainsi, le sourd retentissement de l'orage qui se développait depuis plus d'un mois faisait vibrer, si je puis dire, la porte de !a Convention. Sur le

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