Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIRE SOCIALISTE • Ces di,po,ilions déril·enl du système de la nature, contre lcqurl Ir• passions fougueu,e, d'un é<:oï,le, ou les iùée, étroites d'un écolier, rnlh ou siasmé d'une rêverie platonique ou <l'une institution locale d'un homme dt génie, Yiendronl toujours se briser comme les Ooh de la mer contre un ban< de rochers. • c·esl tc,ul le programme social de la Gironrle; et par s1 complah-anrc pour le développement de la richesse, des commoclilé, ri Iles joies clr la ,i, il est moderne el progre,,if, bien plus près du •oriali,mP cri 1ateur C'( ahon dant qu'un maigre pr!l!l'ramme d'austérité sparliatr et ck S)'stématiq11" pauYreté. )lai, lïllu,ion r•l de croire que, ~,rmr (ll•rc Ir Jiflrla!Jr é!J11l ,i tiut,;. ,·irur dr< /11111illr.<, l'équilibre social pourra ôlrP rétabli el mainlen11 l'l 111c • lrs disproportions d,1no:rrcu,r, • entre le, fortune:; s'atténueront. De p lu,, Kéralio triomphe vraiment il trop bon compte en comballant le parla~• égal des tcrr,•s pris dans son ,en, littéral el mathc!milique. c·e,L un jru d'c,- pril Haimenl trop facile. li eùl été d'un philosophe cl d'un homme a•f'.:t..l de Mm~l~r, sous celle formule enfantine, l'a,p'ration du pPuple à la prorriété. El comment y introduire ces millions cle journaliNs agricole s ou d'ouvrier, industriels qui voyaient se produire au-de,su, d'eux une ré volnlion sociale où CU\-mêmcs n'altt•ianai(•nt pas? \'oil:'t le problème que la Gir onde nf,:lige de <e poser. :llais, chose curi,•use, el qui montre bien que la loi a!l'raire a,ait fait quelque chemin dans les esprits, Kéralio est d'accord a1•ec 1• journal de Prudhomme pour demander que les acquisitions territori ales soient limitées. Procédé tout ernpiriqu•' et bien superficiel. Ce n'est p oint d'ailleurs par le monopole Lnrien que la bour<:eobie nouvelle menacera dan:; la société issue de la Ré\"olulion l'équilibre social. Ainsi, quand la Gironde jouait • de la loi agraire •• pour eAciler le, esprits contre ses rivaux, elle ne créait pas de rien un spectre. JI y a vait, en elîel, un sourù commencement de propagande, de,; tendances con fu,es en ce sens el des appréhensions grandiss111les. Mais elle savait bien qu e ni Marat, ni Robespierre, ni Danton, ni l'immense majorité de la Commune' de Paris, n'aspiraient il la loi agraire. Elle swail bien qu'il n'y avait là au cun pc"•ril précis, pressant el aigu. El pourtant elle e,sayail d',•nvelopp 0 r • le trium,irat , dans un vague soupçon. Elle tira parti de l'équipcle de Momoro, de l'imprudence ou de l'e,~è, de zèle de quelques autre~ commissa ires du pouvoir exécutif el de la Commune pour fulminer contre eux, pou r los dénoncer (c'est l'expression mi'mc clu journal de Brissot), comme des loc ,im, ambulants. Massacres de septembre, mis de bijoux, vols du garde-meu blé, loi agraire, elle faisait de tout cela uo m~lange elfrayanl el trouble, pour atToler la pr,wincc, pour l'animer contre Paris el contre les élus de P aris, pour inquiéter les députts de la Conl'en lion en route vers la capitale el pour obtenir d'emblée, de leur esprit prévenu, des mesures de défiance el d e rigueur contre Paris el sa représentation.

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