Jean Jaurès - La Convention I

lflSTOlllE SOCI.\Ll~TE 7 bl(·e législalive, d,rn, ~a ,c.rncc 1lu il aoùl, d sur un brcr rapport dr (;uyton de Moneau avait ùèci1k 11u'un n"u,eau Dirt•rloire du drparlernrnl dt• !',tris srrail élu. à raison d'un memhr·p pour 1·hanrnt• fics quarante-huit sections. Or partout, dcpui,, l'origine de la !\évolution. entr,· les l>irPctoires de di,partemenl élu, il deu, llegrèo cl les municipalité, i•lur, directement par le peuple il y avait ru con0il. El la Co!llmune pouvait craindre que le nou,.eau n,rrctoire, quoique nommé sous des influences révolutionnaires, ne conlrari.ll lJirnL0l le mouvement populaire dont elle était l'organe. Les prole,taliun, furent ,ive, à la Commune el aux Jacobins. Deranl ceu,-ci le député Anthoine s'(•cria: « Le peuple a repris sa souveraineté, el néanmoins l'A,,cmhlée 11:ilionalP a Mcrélé aujourd'hui que le, sections de Pari; nommer.1ienl un d ,.,,,- toire. Quelle soif de directoires a clone l'As,cmhléc nationale'/ :-le sent-Plie donc pas que les seuls directoires se sont ligué,; dan, l'empire contre la liberté? Quel besoin d'ailleurs a-t-on de directoires·> Croirait-on encore à Cf'llemaxime de l'aristocrate Monle,quieu qu'il c,t nécrssaire que le, pouvoirs se ùalanccnU :-.on, les autorité, ne se balancent pas, clics se dctrui,enl. L'Assemhltle nationale a commencé par être l'esclave du roi, et voilà pourquoi le peuple a ahallu la royautt. Il ne /11111 donc point dr direc/lJÎl'epour contrarier li•, 111e- .,11res1/'1111r111wlicipalitépat,·,otr. En rendant cc décret, je ne dis JJa, que l'A,,cmlJléc nationale ait eu cctt,• inlenlion, mais je di, qu'elle n'csl pas à la hauteur iles circonstarn·es, qu'elle ne sent pas tout ce qu·e,l le peuple et en quoi consiste sa ,ouvcrainelé. • C'était la théoriP de la souveraincl1 presque ah-oluc de la Commune tévolulionnain•. Le Conseil général ùe la Commune cn\'O)a une délé,;ation à l'.\s,embléP. C'e,l Robespierre qui parla en son nom: • Le Conseil général de la Commune nous cn\'Oie ve" vous pour un objet qui intéresse le salut public. Apri's le grand acte par lrquel le peuple souverain vient de reconquérir la liherlé, il ne peul plu, c,btcr dïntermMiaire entre le peuple et vous. Yon, -avc1. que e'e,l de la communication des lumières que naitra la liberté publique. Ainsi donc, toujours guidés par le même sentiment de patriotisme qui a élevé le peuple de Paris el de la France entière au poinl de grandeur où il est, vous pouvez, vous devez mème entendre le langage de la vérité qu'il va vous parler par la bouche de ses délégués. • ,'ious venons vous parler du décret que vous avez rendu cc malin, relatif à l'organisation d'un nouveau directoire de dé1mrtemenl. Le peuple, forcé cl1!,·eiller lui-même à son propre salut, a pourrn à sa sùrelé par des délégués. Obligés à déployer les mesures les plus vigoureuses pour sauver !'Etal, il faut que ceux qu'il a choisis lui-même pour ses magistrats aient toute la plénitude du pouvoir qui comient au souverain; si ,·ous créez un autre pouvoir qui domine ou balance l'autorité des délégués im-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==