Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE ~OCI.\LISTE • C.ootinuellement dans les bureau, de la guerre, il fabait placer aux ar• mées les gen; de son bord; il troumil moyen de le, inléres,er dan, les four nitures et les marché<; il ne négligeait aucune partie dans laquelle il pût arnncer ces hommes, lie d'une nation corrom1rne dont ils de,·iennent l'écume dans le, boule1er;;emenls et sur laquelle ils dominent 1luranl quelques instants; il en augmentait son crédit et se formait une faction. » Quel ju!!:ement mépri-ant et haineui sur des homme, qu'elle ne connai,- sait pas, sur ces forces neu,es de la fü\lolution démocratique que Danton utili•ait d·abord dans l'intérèt de l'ordre public t li était sage de fixer, eu les employant, ces énergies elfervcscentes. Et cette large politique, en att{•nuant les chocs intérieurs des ambitions et de, appétits, aurait bientôt établi sur des bases très étendues le goul'ernement révolutionnaire. Danton ne livrait pas tout à ces hommes d'audace et d'aventure, ou du moins il ne livrait le commandement qu'à ceu\ qui, à ces qualités d'élan et d'initiatile, joignaient l'h.tbileté el la finesse. 11exaltait Dumouriez. et peulêtre est-ce pour le faire accepter plus aisément de tous, et pour fortifier ainsi la défense nationale, qu'il OUI rait largement les emploi. au\ hommes ardents de la Commune. Ce que M•• Roland appelait la lie, Danton l'appelait un ferment. Contre lui la guerre des Roland fut ,ournoise 1•t à1 re. Je rappelle la note que j'ai déjà en partie citée : • L'ennemi de tous les bons cito)'cns, l'ami du dé~ordrc et du carna~r, t(Ui publie ses prescriptions sous le titre profane rl'.lmi 1h1PPupt,. avait cn,·eloppé dans sa liste tous les mini,tre,, â l'e.rcPptù111d, .Il. Danton. • Aim,i disait le journal de Dri~sot, et l'intention est évidente de ,olidari-er Danton aYec )tarai. Or, j~ trouYe dan, le, .111111,lespulriutiquts rte Carra la mème nole textuelte : c'est donc un communiqué du minbtre de l'Intérieur, c·est du ménage des vertueut lloland que putait le trait empoisonné contre Danton. Et maintenant, le rnici accusa du vol du garde-meuble. Jugez sur quels indices. « Le vol du garde-meuble s'etrectua, des millions passèrent aux mains de gens qui de1aient s'en ,ervir pour perpétuer l'anarchie, source de l~ur domination. « Le jour qui s'ouvrit après ce vol important, écrit M•., Roland, d'Églantine vint chez moi à onze heures du matin, d'Eglantine qui avait crssé d'y paraitre lors des matines de septembre; d'Églantine qui, la dernière fois qu'il l' était venu, m'avait dil, comme par un sentiment profond de l'état critique de la France : • Jamais les chose, n'iront bien si l'on • ne concentre les pouvoirs; il faut que le conseil exécutif ait la dictature, • et que cc soit son président qui l'exerce. • D'Eglantine ne me trouva pas; Je venais de sortir avec M.. Pétion; il m'attend deux heurè,, je le trotne dans la cour à mon arrivée, il monte avec moi sans que Je l'engage à le taire;

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