Jean Jaurès - La Convention I

130 lIISTOIRE SOCIALISTE " Qui donc, écrit Roland à l'Assemblée, le Jî, qui donc a in,pirè raudare d'entrepn•ndre le ,ol important commis la 11uilùernière? Qui?... de:, émb- >aires pai és p~r la Pru,sc ou des sdlérats qui, n'appartenant qu'à rux111 ème,, i-oll'l1I /t1 nlllion pour ,oudoyer leurs agents el leurs complices. » El quel est ce Jl(fSunnage masqué auquel la Gironde fabtique dès septembre une légende de mélodrame ·1Toul simplement, c'est Danton, oui Danton. A celle date, la passion el l'aberration f!'irondines vont ju,que-là. Entre les Roland el Danton les rapports étaient tous les joms plus difficile.,. Roland méticuleux et aigre était offusqué par raction large el conquérante de Danton. Celui-ci, négligeant le détail administratif, se donnail tout enlier à la grande œune d'organisation révolutionnaire; el les Girondins du Conseil rnbbsaienL malgré eux son ascendant. Mm• Roland laisse éclater un triste dépit: • On anit ima::dn(•comme l'une des premières mesure,; à prendre par le Conseil, l'envoi dan- les départements de commissaires chargés d'éclaircir sur les ihénements du Dix Août, el surtout .a·exciler les esprits aux préparatifs de dél'en'e, à la levée rapide de rrcrues nécessaires à nos armées contre les ennemis sur les frontière,, etc. Dès qu'il fut question de leur choix en mème temps que de la proposition de leur envoi, Holanrl demanda jusqu·au lendemain pour r~fléchir aux rnjels qu'il pourniL indiquer. - « Je me char.~e de • tout, s'écria Danton; la Commune de Paris nous fournira d'excellents pa- • Lrioles. • - La majorité paresseuse du Con,eil lui confia le soin de les indiquer, el le lendemain il arriva au Comeil avec les commissions Loutes dres- ~ées; il ne s'agit plus que de les remplir des noms qu'il présente el de signer. On examine peu, on ne discute point, el on signe. Yoilà donc un e•saim d'hommes peu connus, intrigants de •eclions ou braillards de clull, ;atriole, par exallalion et plus encore par intérêt, sans autre e'.\islence pour la plupart que celle quïl, prenaient ou espéraient acquérir dans les agitations publiques, mais très dévoués à Danton leur protecteur el facilement épris de ,es mœurs el de sa doctrine licencieme; les rnilà représentants du Con,eil exécutif dans les départ emenls de la France, • Celle opération m·a luujours semblé l'un des plus grands coups de parti 1,ourDanton, et la plus humiliante école pour le Conseil... Le fait est qu'un tra,ail excessif surchargeait les ministères de l'Intérieur, de la Guerre et même de la ~larine, et que les détails absorbaient trop les facultés pour lais,er à chacun le temps de réfléchir sur la g-rande politique. li faudraitquP le Conseil fût composé d'hommes qui n'eus,enl qu'à délibérer el non pas à a lmini,lrer. Danton se trouvait au département qui donne le moins à faire; d'ailleurs il s'emharrass~il fort peu de remplir les ùevuirs de sa place el ne s'en occupait guère; les commis tournaient la roue, il confiail sa g1ilJe el la mrnœuvre ,c suivait, telle quelle, ,ans qu'il s'en inquiélàl. Tout son temps, toute son attention êta ienl co1Jsacrés au, combinaisons et intrigues ulile11 à ses vue, d'agrandissement de poumir et de fortune.

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