IIISTOllll; SOt:I.\LISTP, Sans radmirable pr,·paralion ér,ontJmique el inlellrcluelle qui la rcn,lail iu. Yincible, elle eùt disparu dix fois dans ces néces,ilés ronlraclicloire,. \l:iis elle sul toujours, nYecune puissance el une souplesse men eilleu,es, ulili,er il l'heure dècishe la grande spontanfüé coll,•ctive du peuple héroïque, el maintenir pourtant dans les âme, le re,pect prr,que n•ligieux ùe la loi, e,pression sacrée de la volonté généi.1le. Elle put ain>i, Finon saU\·er tout son idéal, du moins mener à bien quel,1ues opérations décishe, qui rendaient impos-ihle rentier retour au pa,se, el cr éer quelques grand, preccdent,, lumineux et forts, qui préparaient el an nonraient, par <!elàla nuil ,ouvenl reformée des réaction, el ùes sen i tude,, l'a,ènement définitif de la liberté républicaine Pl de la démocratie. Ce que dit l'a,semh'.ée électorale du Lol traduit la pen,ée à peu rir ., unanime de la France ré,olutionnaire en septemlJre t70-2. Mais on n·aurai! qu'une idée bien inexacte de ces élections qui duraient huil ou quinze jrrnr,, l!uranl le-qu~lles toute, lt>sforces vives de la Ré1olulion étaient concenl11•e, à l'assemblée électorale, Fi on ne ressentait pas l'ardeur de palriutbme dont elles élaien t toutes p~nêlrée;. Au travers des compétitions el des intrigues arrivaienl les nou1elle, imp 1liemmn1l attendues des fronli,'re,. Lom:11y est-il pris? Verdun ré;istera-l-il? Ah: que la France soit comme une fournaise el que la Comenlion forge le glaive! Souvent les opérations éleclorale, étaient interrompues; c'étaient ùes dons patriotiques qui affluaient, des lettres chargées d'a,-ignats, des bijo1n, des bracelets, ceux de la fière pay~anne el ceux de la riche bourgeoise: que tout cel or -oil fondu pour la liberté! Pendant que leshommesseréunissaienl à l'as,emblèe électorale ou ~u club, les femmes se réunissaient dans les é::lbe-, non pour prier, ou tout au moins la prière était courte, mais pour trarniller au, e!fets ù·équipemenl, aux lente,, aux hatiils, à la charpie aus,i. Qu·on !be les Journaux de Paris : Ioules les é 0 lises étaient pleines de femmes patriote, qui voulaient, suivant le beau mot de la Commune, ennoblir leurs mains au ser1ice de la pal rie. Qu'on !be les lettres de Lebas el de son père : partout dans le Pas-de-Calais, dans le :-ion!, les femmes réunies le soir à l'église et y portant sans doute les pa111res lumières accrochées d·baliilude au manteau de la cheminée, tricotaient, cou.aient, effilaient le linge pour les blessés, tendaient parfois l'oreille dans le silence de la nuit aux rumeurs incertaines qui ,enaienl de la frontière: est-ce le canon de l'ennemi qui gronde déjà au, en1irons de Lille? Parfois un homme entrait, un ré\'Olulionnaire du bourg ou du village, el il haranguait ces femmes, il les conviait à la constance contre les périls prochains, à l"héroique courage. Mères, c'est la patrie qui e,t la grande mère, la patrie de la liberté! Parfois celui qui leur a,ait parlé d·abord familièrement, presque du seuil de l'église où l'avait appelo une clarté, gravissait, à la deinande des remmes, les degrés de la chaire. El pour aucune de ces femmes, restées pour-
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