Jean Jaurès - La Convention I

118 JJISTOl!rn SOCIALISTE el veulent vous conduire à l'anarchie en vous engageant, s'il leur élail possible, à porter les atteintes les plus rune sles à la liberté politique, civile cl religieuse ... Citoyens, nulle société ne peul subsister sans le respect le plus in,iolable pour la propriété. La Déclaration des Droits de l'homme, cet é1angile si cher à tous le, Français, consacre ce principe fondamental. .. Est-ce respecter la propriété que dese livrer à des dilapidations sous prélexu If"' le~ ohjlls sur lesquels on les exerce appartiennent à des ennemis de lfl chose puhlique? La loi cl la loi seule peut punir la rébellion; ceux qui ont abandonné leur patrie et qui reviennent armés pour l'opprimer, Je Corps légi-lalif a 1,lis leurs biens sous les mains de la nation; ces biens ne leur apparlien11entdonc plus, ils sont devenus des ptopriétés 1iationales; les dégrader on en percevoir frauduleusement les revenus, c'est priver la nation, c·r,-l vous pri, er YOus-m<\mesd'une ressource précieuse dans l1•scirconstances criliq ues où le peuple français est obligé de luller contre la ligue i,s rois conjurés. « ~Jais si vous devez respecter les biens, corul.Jienplu, vou, devc1, respecte: les personnes! Ils sont coupables, sam doute, ers mo1.,lres qui, délestant la liberté et l'égalilé, veulent les ense,elir sous les ruines cc la France désolée; ils sont mille fois coupablt's, ces prétendus ministres d'un Dieu de paix qui, méprisant à la fois les lois dhinei,et humaines, prêchent audarieu,cmcnt la révolte, remplissent l'âme de leurs crédules sec:ateurs de scrupules et de fra~ eurs, et en les frappant fortement de la crainte de l'avenir, les rendent bar Lares par principe de conscience et leur font un devoir des plus afTl'eux forfaits. Laissez librement 1,asser, sortir hors du royaume et emporter chez nvs voisins qui la désirent la peste religieusr dout ces êtres ma\f;iirnnt~ sont infcr:tés. La loi, citoyem, la loi, i:oilà le cri de ralliemei,t de tou, les bom cifoyens. ,. .\insi, les démocrates révolutionnaires pouvaient craindre qu'une partie du peuple allALau delà de la loi, qu'il remplaçât pour les 1,rèlres factieux la peine de la déportation par la peine de mort el qu'il devan~àt, par un partage anarchique, la mise en vente il'bale des biens des émigrés. Si à cette action spontanée et désordonnée arnil été laissée partout libre carrière, la Révolution se serait dissoute en sauvagerie. Comment, par exemple, suivant quel principe el quelle règle les paysans se seraient-ils allrib ué les biens des émigré, ou les biens des communautés? Que de querelles sanglantes auraient sut·!(; entre les partageants se disputant le meilleur lot, 1L'intervention sou1·eraine de la loi était donc nécessaire pour ordonner ces vastes opérations, suit que les biens des émigrés fussent vemlus p:ir parcelles au profit de la nation menacée, soit que les biens communaux fussent répartis selon certaines règles vréeises. Terrible alternath·e de la Ilévolulion qui était obligée, tantôt comme au 1" juillet et au 10 aoOt, de se sauver par le soulèvement spontané de la force populaire, tantôt de la contenir et de la refouler par la discipline de la loi 1

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