Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTOIRE SOCIALISTE 8'.7 quïl aura les clefs du trésor public, soyez silr qu'il sera l'âme de toutes les a!Taires. » Ainsi, ce que veut Marat, c'est que la Ré,·olution s"achôve au dedan. directement et non par le funeste détour de la guerre; c·est qur la Révolution mette dans tous les poste;; d'autorité des agents fidèle,, et qu'elle finisse par donner l'assaut aux Tuileries; c'est un 10 uoùt, sans déclaration préalable de guerre aux puissance.,, que con,eille Marat; et si tou, les révolutionnaires démocrates s'étaient entendus pour calmer l'c!Tervescence du peuple contre le péril factice des émigrés et concentrer sur l'ennemi 1\u dedan, l'énergie populaire, là était le salut de la Révolution. Il n'e,t pas démontré ']lie le, puissances auraient osé prendl'c l'o!Tensive contre la Révolution victorieu~e au dedans de ses ennemis. En tout cas, il fallait tenter celle chance de la Ré\"olution a1·cc la paix au lieu d'attiser les connil:; extérieurs pour réchaulTn à la flamme de la guerre la Révolution. On devine que ~farat, qui ne fait encore que manifester une sorte de malaise, ne lardera pas à prendre position contre la politique girondine. Le roi fit ~avoir à l'.\s,emblée, le 12 norembre, par le garde des sceau, Duport-Dulertre, quïl donnait sa ~aoclion au décret contre son frère. Quant au décret d'ensemble contre les émigrés, il faisait dire qu'il e,ami•1crail : c'était la formule officielle du refus de sanction. L'Assemblée accueillit cette communication dans un profond silence. ~lais le gar.te des sce;iu, DuportDutertre ayant voulu e,pliquer pourtJuoi le roi avait refusé la sanction, ù• s murmures s·étevèrent et rAssemblée déclara qu'elle n'a,·ait pas à entendre des explications. Le choc immédiat entre l'Assemblée et le roi fut beaucoup moins ruùe qu·oo ne l'aurait imaginé. Cambon alla même ju•qu'à dire: « ::i"osennemis ont en ce moment la preuve la plus imposante que le roi est libre au milieu de ses peuple-, même de ré,i•ter 'llJ vœu g néral; il vient de mettre ,on veto sur un décret très important. (Applawli.sse111rnls.) Je m'applaudis de cet actP de représentant qu'il , ient d·exercer; c'est la plus grande marque d'attachement qu'il ait pu douner à la Constitution.• (.lpplm1t/i<srmr11ts.) JI n'est pas aisé de comprendre pourquoi Louis XVI a refus6 s,1 sanction à ce décret. En fait, il u·était pa. très dangereux pour les émizrés. c•e~t contre les fonetionnaires publics seuls que l:i peine de la confl-ration était portée; contre les autres émigrés, la preuve légale de la partidpation au ras,emblemenl reslait diCOcile à faire, et il semble que puisque Louis X\'! avait à ce moment pour tactique de gagner la confiance du peuple, il aurait pu 581lctionner le décret. Sans doute il craignit de sure,ciler encore les émigrés et de les pous,er à des démarches imprudentes en paraissant les abandonner. ::i"eperdrait-il ,u le peu d·autorilé qnïl avait eo.core sur eu, sïh pou raient racw,er de le, a'foir Um!s à la Révolution? Pour amortir auprès de !'A-semblée et du poys

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