Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

810 IJISTOIRH SOCIALISTE « En d~pil des assurances pacillques de ~fontmorin, el de son pr opre aveu, nous avons donc toujours contre nou& les puissances dont n ous avions à craindre des projets hostiles; après un pareil aveu, était-ce bien la peine d'entreprendre de nous bercer enoore? ~tais que dis-je? sa retrait e soudaine esl Je plus sOr indice que nous sommes sur Je point d'être attaq ués par ces puissances si paciOques. Aujourd'hui qu'une explosion terrible v a mettre le sceau de réviùeoce à ses impostures et à ses machinations, Il trcml,le que chaque instant ne vienne à découvrir toute la noirceur des manœuvrcs criminelles qu'il a employées pour nous los mettre sur les bras, et il se joue de la loi de responsabilité en 6chappanl, par la fuite, à sa trop juste punition. • :'.liaissi :'.llaralse trompe sur les dispositions des puissances en ce moment, du moins évite-t-il tout ce qui peul créer des chances de guerre. Il ramène à leur vraie , ai Pur le;; mesures de l'Assemblée contre les émigrants. li montre qu·enes seront vaines, que ressentie! esl de combattre, en Franc e même, le p-ouvoir royal. • li écrit le 12 novembre : • Le lecleur irréfié~hi aura sans doute élé scandalisé de mon jugemen t sur Je décret contre les émigrés contre-r6volutionnaires; el cela doil être, il faul des lumibre, que le commun des hommes n'a pa; pour en ap ercevoir les vices à travers des ap!}:•rcncesde sévérité, bien propres à en imposer à la multilude qui ne pense pas. Faites retentir aux oreilles du peuple les grands mots d'amour de la patrie, de monarchie, de liberté, de défense de s droits de l'homme, de souveraineté de la na lion; peu en peine si les fripons qui les ont dans la bouche s'en servrnl pour l'enchainer, il les applaudit à tout rompre ... Que sera-ce si vous paraissez sévir contre des hommes qu'il est habitué à r.egarder comme ses ennemis, comme des tratlres el des consp irateurs? A l'ouYode la conflscalion des biens de ceux qui seraient condamnés, il a poussé des cris d'allégres.e, sans s'embarrasser s'il le seront jamais. A l'ouîe de la peine de morl portée contre les chef; dl>sconjurés, il a fail éclater ses transports sans songer si celle peine pourra jamais les atteindre ... • Que faire, me disait nn palriole un peu revenu de sa joie, à l'oule de mon commentaire sur le décret qu'il me remiL? - Nous prtlparer d la guerre civile, qui est enfin inévitable, l'allendre et commencer par écraser nos ennemis dtt dedans, qui occupent toutes les places d'autorité et de confiance; ce n'est qu'après les avoir e:rtnminh que nnm pourrons agir avec efficacité contre nos nmemis du delwr.,, quelque nombreux qu'ils soietll. Avant cela, tout ce que :tous entreprendrons sera complètement inulile; eu à supposer le législateur enfin déterminé à Sluver la France et à faire triompher la liberté (ce que je suis bien loin de croire), quel fonctionnaire public ohar gera-t-11 de l'exécution de ses décret~ qui ne •oit ventlu ou prél à se vendre au prince? Or le prince lui-môme est le chef des conspirateurs contre la patrie. Tant

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