Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTOIRE. SOCIALISTg 839 de tous moyens d'existence. Les roubles de la fière Cnlherine el les mil• lions de la Hollande se consument Cil voyage,, en négociations, en préparatifs désordonnés et ne sumsenL pa· d"ailleurs au faste de, chefs de la rébellion. Bientôt on verra ces superbes mendiants qui 11·011ptu s'acclimater à la terre de l'égalité, e,>.pier dans la honte el dans la mb-'rc les crimes de leur orgueil el tourner des yeux trempés de larmes ver, la patrie qu'ils ont abandonnée; et quand leur rage, plus forte que leur repentir, les précipiterait les armes à la main sur son territoire, s'ils n'ont pas de soutien chez les puissances étrangères, s'ils sont livrés à leurs propres forces, que seraient-ils si ce n'est de misérables pygmées qui, dans un accès de délire, se hasarderaient à parodier l'entreprise de, Titans contre le Ciel? (tlpp/tmdi<semeuts.) « Quant aux Empires dont ils implorent les secours, ils sont trop éloignés et trop fatigués par la guerre du Nord pour que nous ayons de grandes craintes à concevoir de leurs projets. D'ailleurs l'acceptation de l'acte constitutionnel par le roi parait avoir dérangé toutes les combinaisons hosliles. Les dernières nouvelles annoncent que la Russie et la Suède désarment, que dans les Pays-Bas les émig,rés ne reçoivent d'autres secours que ceux de rhospilalilé. • Croyez surtout, Messienrs, que les rois ne rnnl pas sans inquiétude. Ils savent qu'il n·y a pas de Pyrénées pour l'esprit philosophique qui vous a rendu la liberté; ils frémiraient d'envoyer leurs soldats sur une terre encore b1Olante de ce feu sacré; ils trembleraient qu'un jour de bataille ne fil de deux armées ennemies un peuple de frères (Apµlaudissements); mais si enfin il fallait mesurer ses forces et son courage, nous nous sou ,ienàrion, que quelques milliers de Grecs combattant pour la liberté triomphèrent a·un million de Perses; et comballant pour la même cause avec le m~me courage, nous aurions J'espéra11ced'obtenir le même triomphe. « Mais quelque rassuré que je sois sur les évènements que nous cache l'avenir,je n'en sens pas moins la nécessité de nous faire un rempart de Ioules les précautions qu'indique la prudence. Le ciel esl encore assez orageux pour qu'il n'y ait pas une grande légèreté à se croire entièrement à l'abri de la tempête; aucun voile ne nous cache la malveillance des puissances étrangères, elle est authentiquement prouvée par la chaine des faits que M. Brissot a si éne?giquemeut développés dans son discours. Les outrages faits aux coulel.\lS nationales et l'entrevue de Pilnitz sont un avertissement que leur haine nous a donné, et dont la sagesse nous fait un devoir de profiler. Leur inaction actuelle cache peut-être une dissimulation prof onde. On a lâché de nous diviser, Qui sait si on ne veut pas nous inspirer une dangereuse sécurité?• El ap~ avoir ain.si excité l'alarme, après avoir grossi le danger que les 6migrés pouvaient inilirectemenl, faue cou~ir à la France, Vergniaud ajoute : • Ici j'estends une voix qui s'écrie: Où sont les preuves légales des faits quevous avancez? Quand vous les produirez, il sera temps de punir les cou-

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