HISTOIRE SOCIALISTB révolutionnaire, de mellre à l'épreuve le roi el de le soumeltre enfin à la Révolu lion ou de le renverser. La guerre agrandissail le théàlre de l'action, de la liberté et de la gloire. Elle obligeait les traitres à se découvrir, el les intrigues obscures élaient abolies comme une fourmilière noyée par l'ouragan. La guerre permellait aux parlis du mouvement d'entrainer les modérés, de les violenter au besoin; car leur tiédeur pour I&Révolution serait dénoncée comme une trahison en vers la patrie elle-même. La guerre enfin, par l'émolion de l'inconnu et du danger, par la surexcilalion de la fierté nalionale, ravivait l'énergie du peuple. Il n'élait plus possible de le conduire directement par les seules voies de la poli li que intérieure à l'assaut du pouvoir royal. Une sorle de cauchemar d'impuissance semblait peser sur la Ilévolulion. Quoi! Ni au ill juillet, ni au 6 octobre, ni m()me après Yarennes, nous n'avons pu ou renverser ou ,ubordonner le roi! Birn mieux, à chacun des combats qu'elle soutient, ù chacune même des fautes qu'elle commel, la royauté semble grandir en force; et à l'heure où c'est Je roi qui devrait être châlié, il n·y a que les démocrates qui soient poursuivis! Pour rompre ce charme séculaire de la royauté, il faut qu'elle s'abandonne enfin-à 1a Ilévolulion ou que par la trahison flagrante con Ire la patrie, elle suscite contre elle la colère des citoyens déjà enfiévrés par la lutte con Ire l'étranger. Ainsi la Gironde voulait faire de la guerre une formidable manœuvre de politique intérieure. Terrible responsabilité! Quand nous pensons aux épreuves inouïes que la France va subir, quand nous songeons que celle surexcitation d'un moment sera payée par vingt années de césarisme sanglant el qu'ensuite de 1815 à 1818, on peut dire de 1815 à 18ï0, la France aura moins de liberté qu'elle n·en avait sous la Constitution de 1791, quand on songe que la propagande armée des principes révolutionnaires a surexcité contre nous le sentiment national des peuples et créé le formidable élat militaire sous lequel plient les nations, on se demande si la Gironde avait le droit de jouer cette extraordinaire partie de dés. La guerre•n'était pas voulue par les sou\'erains étrangers, et il semble que si le parti démocratique avait été uni, vigilant, prudent, s'il avait lutté contre les ministres suspects, s'il avait peu à peu imposé au roi des ministres patriotes, s'il avait travaillé sans relâche à propager les idées de la démocratie, s'il avait au besoin .déclaré ouvertement la guerre à la royauté, il aurait pu consommer la Révolu lion sans la jeter dans les aventures extérieures. Mais ce qui taisait la force de la polilique girondine, c·est qu'en 1791 et 1792 elle apparaissait comme le seul moyen d'action; la fatigue intérieure de la nation obligeail les partis du mouvement à chercher des ressorts nouveau,. Michelet a dit, à propos de la guerre, que !'Océan de la Ilévolution débordait et que les Girondins venaient, portés sur la crête de ses vagues. Non, l'Océan
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