836 HISTOlllli: SOCIALISTE sourde et de déloyauté continue. n répète sans cesse qu'il fallait qu'on Louchât le tuf de la Constitution, el il (ail l'aveu impudent de sa méthode de désorganisation sournoise. Par exemple, au moment où les hauts officiers semblent faire grève et refuser le commandement du port de Brest, dont les marins s'étaient plusieurs fois soulevés, un ancien chef d'escadre, M. de Peynier, se montra disposé à accepter. • Depuis longtemps il ha bilait un château qu'il avait dans les montagnes de Digorre, où il n'était en relation avec personne. J'imaginai un moyen de tirer parti de celle circonstance, de manière à augmenter ma popularité au conseil et à rendre à i\f. de Peynier le service de lui faire apercevoir les conséquences de rnn acceptation. Je lus sa lellre le même jour au conseil, cl après lui avoir donné tous les éloges qu'il méritait, je proposai au roi, que j'avais mis dans le secret, de témoigner sa satisfaction à 111. de Peynier, par une lellre dont je lus le projet, el de le nommer sur-le-champ commandant de la marine à Brest, au lieu de M. de la Grandière, qui venait de refuser celle place. • Ces deux propositions furent adoptées et fort applaudies par tous les minislres, qui étaient d'avis que j'expédiasse un courrier à M. de Peynier pour lui porter la lellre du Roi ; mais j'observai qu'il la recevrait presque aussitôt par la poste qui parlait le lendemain, et qu'il était d'autant plus inutile de faire la dépense d'un courrier extraordinaire que rien ne périclilail à Brest où M. Bernard de Marigny, excellent officier, commandait par intérim. • Le véritable motif qui m'empêchait d'y mettre plus de diligence était l'importance que j'allachai$ à ne pas faire parvenir la lettre du roi à M. de Peynier avant celles que je m'allendais bien que ses amis lui écriraient, pour lui faire connaitre l'étal actuel de la marine et le mellre à portée de prendr~ un parti définitif avec connaissance de cause; il en résulla que M. de Peynier dans sa réponse à la lettre du roi, refusa le commandement de la marine de Brest el rétracta son acceplalion du nouveau grade dont il avait élo pourvu. J'avoue que malgré mon serment à la Comtittttion, le rétabfüseme11t de la subordination dans les ports et sur tes vaisseaux me paraissait impossible sous le nouveau régime, je croyais pouvoir désirer en co11scienceque tous les of/i_ ciers distingués du corps de ta marine abandonnassent, au moins pendant quelque temps, un service qu'ils ne pouvaient plus continuer avec honneur, et sans s'exposer à Otreassassinés. • Quel fourbe! Mais ce système de trahison sournoise contre la Révolution n'avait rien de décidé, el la politique royale semblait impuissante comme la Révolution elle-même. Dans ce désarroi général et dans celle sorte de paralysie momentanée des partis el des forces, Brissot, avec une audace extraordinaire, vit dans la guerre le seul moyen de déterminer un mouvement nouveau, d'aiguillonner l'énergie
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