830 Il ISTOJRE. SOCIALISTE 5° S'attacher à maintenir l'harmonie entre les deux premiers pouvoirs conslilulionnels; 6' Sc mettre en étal constitué, faire des lois, régler l'éducation publique. • etc., etc.; 7' Ne s'occuper des affaires étrangères que pour terminer par négocia• lion les difficullés relatives aux princes possessionnés en Alsace, seul chef sérieux de querelle entre les étrangers el nous, mais qui, perpétuant les débats, pouvait sans cesse aigrir les esprits. Ne songer d'ailleurs aucunement aux émigrés el aux puissances; montrer à leur égard la tranquillité de la force; ne donner aux étrangers ,aucun signe de crainte; et en même temps aucun sujet d'offense, et marquer par Loule sa conduite que, déterminé à ne jamais reconnaitre leur influence dans nos affaires intérieures, on l'était également à les lais;er faire tranquillement les leurs, el à laisser en paix leur système de gouvernement comme on voulait qu'ils y laissassent le nôtre. « Si l'on eût sui l'i celle marche, il 1i'e,l pas douteux que tous les obstacles n'eussent bientôl disparu. « Bientôt aussi les puissances cessant de nous craindre comme un corps contagieux, el commençant à nous considérer comme une puissance organisée, auraient commencé à spéculer à notre égarJ, suivant les vues ordinaires de la politique : chacune eût recherché notre alliance el redouté notre inimitié; nous serions rentrés dans le système général de l'Europe où nous aurions élé les maitres d'aùopler les vues que notre nouvelle manière d'exister nous etil fait paraitre avantageuse. » Voilà les conseils que donnait, ,•oilà les perspectives qu'ouvrait.Barnave à Marie-Antoinette el à Louis XVI el il y ajoutait à coup sûr, reprenant la pensée de lllirabeau, que par là le roi s'assurerait d'abord tranquillité et sécurité, puis, dans des conditions nouvelles, un pouvoir plus grand qu'autrefois, à la léle d'un peuple libre el plus fort. Sans doute la Cour feignait d'entrer dans ces vues, mais elle dl)pait Barnave, car, tandis qu'il voulait que la royauté fit un usage vigoureux, conservateur el monarchique, mais loyal, de la Constitution, elle n'en simulait le respect que pour en mieux ménager la revislon forcée sous la menace de l'étranger. Malgré tout, par ses relations mêmes avec des révolutionnaires constituants, elle accréditait l'idée qu'elle acceptait enfin la Constitution, et cachant ainsi son jeu, elle ne donnait presque pas prise à ses adl'ersaires. En tout cas, sa conduite apparente était assez correcte, assez légale pour endormir un peuple déjà fatigué el surmené. Trompée par ces apparences, l'Assemblée législative pouvait facilement aussi incliner au modérantisme el glisser peu à peu sous le pouvoir et l'intrigue du roi. On a vu avec quelle rapidité elle avait retiré ses premières mesures agressives : elle paraissait peu faite pour la bataille continue, vigoureuse, contre l'autorité royale. Préoccupée de dresser les comptes des finances publiques, préoccupée
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