Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIRE SOCIALISTE 829 très nettement marqué son point de vue. Il affirme d'abord que les puissances voulaient la paix : « Quiconque, dit-il, aux considérations générales, joint quelques connaissances des affaires dans ce temps et particulièrement ceux qui ont vu les dépêches diplomatiques, ne peuvent avoir aucun doute en ce point. Lorsque les affaires intérieures parurent pacifiées, les puissances se regardèrent comme déchargées d'un poids immense, n'ayant plus à soutenir à leur péril la cause d"un roi arrèlé, emprisonné et détrôné; les conventions qui parurent subsister entre elles, et particulièrement ce qui nous concernait dans le fameux traité de Pilnilz, n'avaient pour objet que le retour éventuel des mêmes événements; à la vérité, la situation des rhoses et l'ordre nouveau ne leur paraissaient pas assez Lien établis pour qu'elles se prononçassent à cet égard, mais toutes leurs vues hostiles étaient arrêtées, et elles allendaienl de connaitre la marche que prendraient nos alîaires intérieures pour fixer définitivement leurs résolutions à notre égard. Quoique les émigrés défigurassent étrangement el la situation du royaume quant à l"orJre public, el les moyens de défense, leurs cris ne produisaient qu'un elîet médiocre sur les cabinets qui, tout à fait indilîércnls aux intérêts de ces proscrits, ne mesuraient leur conduite que sur leur propre poHtique. • Et Barnave, sous le litre : « Marche quïl fallait suivre », précise la politique qu'évidemmenl il conseillait à la cour : « C'était donc la marche de nos affaires intérieures qui devait décider les résolutions des puissances el faire notre sort en tous sens. li ne fallait pas une profonde politique pour concevoir cc que celle marche devait être; elle était si claire que déjà elle se présentait à Lous les esprits, si bientôt diverses causes ne se lussent réunies pour tromper el corrompre l'opinion publique. « Il fallait donc : • 1° Achever de rétablir l'ordre et de comprimer l'anarchie: une législature qui l'aurait voulu fortement et qui eO.l su se faire respecter, l'eOl elîectué dans trois mois. « 2<> Fortifier les autorités nouvelles contre l'anarchie populaire, et établir entre elles la ,ubordinalion el les rapports constilulionnels, qui seuls pouvaient leur donner une marche régulière; cinq à six décrets d'une forte sévérité suffiraient pour cela. • 3° Presser le recouvrement des impôts, afin de pourvoir aux besoins publics. La circulation des assignats, comme je l'ai dit, favorisait puissah.· ment l'établissement du nouveau système d'impôts, et l'excellenl ministre qui était alors à la tète de celte partie, l'eO.t mise promptement dans le meilleur état, pour peu qu'il eO.tété soutenu et favorisé. 4. 0 Mettre la déCense militaire sur un p,P,drespectable sans êlre ruineux, et s'attacher surtout à rétablir la subordination qui depuis quelques mois avait lait de grands progrès dans l'armée;

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