HISTOIRE SOCIALISTE 1315 l'Assembllle où ses amis el lui Jouèrent un si grand rôle cl connurent, comme tous ceux qui agissent, bien des joies el bien des ,loulcurs. • Ainsi finit, après un an d'existence, celle Mgislalure orageuse, sous laquelle l'cspril public fil de si rapides progrès, ella nation française marcha à pas de géant vers la république; clic sera Jug('c diversement, selon la dinrsilé des passions, des intérêts el des opinions. Le royalisme vrrra en elle une assemblée d'ennemis constants de celle idole, lesquels, depuis leur première séance jusqu'au moment de leur séparation, onl sourdement miné le trône quïls semblaient respccler avec un scrupule conslilulionnel. L'anarchisme la fera passer pour un composé d'hommes corrom1ms ou limide,, qui ont immolo lo peuple ù la Cour, el la liberté à la Conslilulion. Le patrioli,me pur, mals peu éclairé, qui ne pèse ni les circonstances ni les carnctères, ln considèrera comme une a •emblée vacillante el sans principes, qui lour à tour a ~llaqué la Cour el l'a ser1ilemenl ménagée, a ébranl6 la Conslilution el a voulu la maintenir. a favorisé el arrêlé les progrès de l'espril public. Mais le patriote philosophe, le vrai républicain, qui a?prècie le, efforls d"après les circonslances, qui juge les effets d"après les moyens, comp 1rcra ce que l'Assemblée nationale a fail avec ce qu"elle a pu faire, et, sans pallier ses fautes, sao~ miter ses erreurs, il pronoucera qu"elle a bien mérité de la pairie, pui~que si elle a eu besoin d'une seconde révolution pour renverser une Cour conspiralrice, c'est elle qui a pmvoqué, fomente el fait éclore cette ri!vol111io11. • El llri:csol, aprè> avoir caracléri:;ti l'œuvre politique de la Législative, en résume l'œuvre sociale : • Au re,le, lorsque la postérilé pas-;era en re1·ue les actions de celle seconde Assrmblée, elle ne verra pas sans reconnaissance qu'elle a renversé une Eglise inconslilulionnelle bâlie sur les ruines d'un culle nalional; qu'elle a établi le dirnrce; qu'elle a délruil l'odieuse dMinclion qui e,lslail enlrc l"homme blanc et son concitoyen noir ou basan6; qu"elle a ordonn6 la v ,te des biens des émigrés par peliles parcelles, el le partage des llois communau, par têtes; qu'elle a abattu la barrière aristocratique élevée entre les Français el les Français par le titre de citoyen actif; qu'elle a juré de haïr el ùe comballre les rois el la royauté; qu'elle a déclar6 al'ec courage et sou tenu avec fermeté la guerre conlre la maison d'Aulriche, l'ennemie cruelle de la liberté de !"Europe el le flè~u du genre humain; enfin, que pres,èe entre le despo• li~me qui voulail renaitre el !"anarchie qui voulail lui succéder, elle a remis en enlier el même considérablement accru le dépôl de la liberlé nationale. • Par la Lègi,lalive, en e!Tcl, la démocratie s'c,l déliée des innombrables entraves, grossières ou subtiles, donl la Conslilulion de i791 la liait, el le peuple, donl elle ne seconda pas toujours nettement, mais donl elle ne contraria pas non plus les mournmcnls, est bien grandi, à la fin de t792, en puissance polilique el en puissance sociale.
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