Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1316 HISTOIRE SOCIALISTE L·armemenl universel, le sulTrage universel, la souveraineté nationale sans contre-poids, l'abolition elTeclive el presque complète de la féorlalilé, rcxproprialion immense des nobles succédant à l'exproprialiùn de l'Eglise, voilà les forces vives que la Légi,lalive léguait à la Convention. Maisà celle-ci est réservé le corps•à-corps avec le danger. Elle n'aura pas à préparer la guerre, mais à la soutenir. Elle n'aura pas à suspendre le roi, mais à le juger et à édifier un gouvernement nouveau. L'élection des assemblées primaires était fixée au 26 aoill, l'élection des députés au 2 seplcmhre. La Législative siégea jusqu'à ce que la Convention pùl se réunir, c'esl-à-diro jusqu'au 21 septembre; et dans ces derniè• res semaines de la Législative se produisent de grands cl terribles événements : les massacres do septembre, la campagne des Ardennes. Mais il est visible que, dès le mois d'aoill, tous les événements politiques sont comme orientés vers la Comontion prochaine. Les partis cherchent à les utiliser, à les diriger, soit pour déterminer en tel ou lei sens le choix du peuple, soit pour créer dans les nouveaux élus, avant mème qu'ils se réunissent, lei ou lei étal d"esprit. La tribune de la Législative n'est plus, très souvent, qu'une tribune électorale. Les luttes politiques d'aoilletseplembre appartiennent donc plus à la ,•ie prochaine de la Convention qu'à la vie mourante de la Législative. Elles sont le prologue du grand drame qui va s'ouvrir avec la Convention. A défaut de Gursde, qui fut arrMé dans son travail, il y a deux ans, par une maladie de plusieurs mois, ce court prologue el c~ grand drame, c'est moi qui vais les conter, jusqu'au O thermidor, où Gabriel Deville, dont Je travail est achevé, prendra la suite du récit. Les homme, de honne Coi reconnallronl, j'espère, en toute notre œuvre, indigne à coup silr d'aussi grandes choses, un sérieux elTort vers la vérité. El n'est-ce pas de vérité surtout que le prolétariat qui lutte a besoin? JEA!'I JAtnts. -~•-~

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