i200 lllSTOIIlE SOCIALISTE hrure de danger Ir ,rai de,·oir r1rs rrpri'sentants du peuple était de demeurer à leur po~le. L'assemblée applaudil. Cependant le CMteau lenrlait un piège à PNion. Il y était app•l6, et le maire rraignant d'être graYCment compromis s'il refu•ait de répondre à cet appel se rendait au, Tuileries._ Là il est visible qu'on voulaitsurtout le garder comme otage. EITrayés de sa longue absence, les administrateurs de la commune de Paris écri,ircnt à l'Assemblée, et celle-ci, pour le sauver, l'appela à sa barre. Mandat, qui commandait la garde nationale et qui était dévoué à la Cour, n'osa pas retenir Pétion; le maire se rendit à la barre de l'Assemblée, fil allusion, en termes mesurés, aux paroles olTensantes qui lui avaient été dites; il annonça que les mesures dP.défense prises par le· ChlUeau étaient très fortes, snrasantes ù arr6lcr tout mouvement. Pélion voulait-il donner au peuple de Paris un suprême conseil de prudence? Ou bien fournir à l'Assemblée le prélrüe dont elle avait besoin pour ne pas intervenir? Ou encore s'autoriser ainsi lui-m~me à ne pas renforcer la défense du Château? Cependant l'AsFcmblée générale des sections se réuniss1ititl'llôlel de Ville. Et les sections les plus hardies, celle du Théâtre Français, celle des Gravilliers, ouvraient l'avis ,·ers trois ou quatre heures du malin, qu'il fallait remplacer par des autorités nouvelles et révolutionnaires les autorités comtiluées. Vers l'aube, au moment où de tous les faubourgs, de Saint-Antoine, de Saint-Marceau, les fédérés, les oul'riers ~eformaient en colonne et marchaient sur les Tuileries, l'Assemblée des sections se substitua à la Commune légale el s'organisa en Commune révolutionnaire. C'était un coup hardi et peut-Olre décisif, car par là, le peuple combattant a,ait derrière lui l'appui d'une force poliliqne organisée. Par là aus,;i l'étatmajor de la garde nationale, son commandant Maudat frappés de destitution, pouvaient être pris de trouule. Et la Commune rél'olutionnaire Jetait le doute et le désarroi dans les rangs de l'ennemi. La nouvelle Commune prit aussitôt l'arr0l6 suivant qui la constituait: • L'Assemblée ùes commis~aires de la majorité des sections, réunis en plein pouvoir pour sauver la chose publique, a arrôlé que la première mesure que la chose publique exigeait élait de s'emparer de tous les pouvoirs que la Commune avait délé,;ués, et Oter à l'état-major l'influence dangereuse qu'il a eue jusqu'à ce Jour sur le sort de la liberté. Considérant que ce moyen ne pouvait Oire mis en usage qu'autant que la municipalité, qui ne peut jamais, et dans aucun cas, agir que par les formes établies, serait suspendue de ses fonction~, et que ~!. le ~!aire et le Procureur général de la Commune qu'ils laissaient administrateurs, continueraient leurs fonctions administratives. • C'était signé de llm,uenin, prési1lenl, et de Murlin secrétaire; tous ce~ hommes jouaient leur tête. Ainsi, c'est parce que les autorités con~liluées ne 1,ouvaient s'alTranchir des formes !~gales que les sections les brisaient. Pétion el Manuel, qui étaient mainlenus, recevaient une nouvelle investiture, mals
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