Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIIU: SOCIALISTE 1263 heures de liberlè. En 178\, il alla à llarse:lle ,tans l'inlenlion de s·embarquer pour l'Egypte, « toujours guidé, dit-il, par la furrur tl"éluùicr h nature cl les monuments de !"antiquité. Je ne 1,u, m"ernharquer et je revins dans mon lieu natal, toujours occupé de plantes el de lilres. J"y ai pas,é tout le temps qui a précédé la Révolution, ne m'en éloignant que pour dilîérents voyages de Mauléon à Paris, de Paris sur les côtes de !"Océan, rè1anl au bonheur, soupirant après la liber:é ». C'était une sorte d'aulodidacle. un espril fervent el canllide, plus curieux qu'informé, mais vraimenl généreux el lendr~. lin ces journées d'animation, de péril el d"espérance, son àme s"épanouissail meneilleu,emrnt, comme si . sur les flots soulevés d'une émotion inconnue un soleil nou,·eau se levait à Lra,·ers des naées d'orage. Sur l'exemplaire de la clécL1ration du Thé:llre Français. Chaumelle avait écril: Exemple à miv,·e; el en elîel, celle initiative hardie éle,·a dans toutes les sections le ton réYOlutionnaire. La Révolution démocratique el por,ulaire qui se préparail avait ùeux oré,rnes qui s'étaient spontanément formés. L'un était le Comilé des fédérés; l'autre était l'Assemblée des délégués des sections. La force et la pas,ion des fédérés ful singulièremeol accrue par l'arrivée, le 30 juillet, du bataillon des fédérés m1rseillais. Rebecqui, Barbaroux les avaient précédés à Paris. On savail les luttes que déjà, dans le )lidi, le, fédérés de Marseille avaient soutenue, pour la Révolution. On savait que !"ardente cité méridionale élait toute échaufke cl"espril républicain, de haine contre la royauté, el le fauùour.; SJinl-Antoine accueillit avec enthousiasme le bal.1illou entranl dans Pari:;. ll cbantail lè chant de combat ctrlc liberté qne tout récem111ent, à Strasbourg, comme un défi à !"ennemi marc-'.rnnl vers le Rhin, arnitjeté au monde Rouget de J"lsle. Ce chant n'était pas, à Irai dire, I"œuue d'un homme, celuici n'arnil guère fail que continuer et animer d'un beau rythme les paroles de colère et d"espérance qui 1,artout en France, depuis quelques mois, jaillissaient des cœurs: Allons enfants de Ja Patrie, Le jour de gloire est artivé, Contre nous Je la tyrannie L'étend,ird sanf;lanl C!,t levé, Entendez-vous dans les campagnes, Mu~ir ces férol!es sol lals? Ils viennent jus 1ue dans nos bras, Egorger nos fils et nos compagnes! Aux armes, citoyens! Formons 110s bal!lillonsl Marchons, qu·uu sang impur alJrt!u,·e nos sillon5. Que veut celle horde d'esclares, Oe traîtres, de rois conjurés? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fel"sdès loug'emps préparés!

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