Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

!IISTOI n~~ SOCL\LISTt de Sard:iil(nc d'envahir le sol l'r.inçai, el d'aller jusqu'à J'Arrlèche el jusqu'à Lyon fomenter des mouvement, conlre-ré1olutionuair1·s, la <:uerre qui semble, d'avril à la fin rte juillet, n·av,Jir apparu au peuplt• de France que comme un fantôme loinL,,in cl léger, à prin,, discernable à nwrizon, prend corp, loul à coup. El la que,lion se pose. Gomment comballre les lyran; étrangers s.,us la direction d'un roi qui dé-ire el prépare leur ,it'LOirc'I C'e,t Chourlieu, le ,il(oureu, révolutionnaire de lJai11e-el-Loire qui, le premier, le 23 juillet, p0rla à la tribune Ir vmu de déch6ance. C'éL,it une pétition qui arrivait d'Angers, avec dix pages de signatures; elle était terrible en 8a concision. Le tempo des phrases girondines, menaçantrs et molles, était pa•sé. • L,<qislatrurs, Louis XI' I a tra/11 la nation, le, loi et ses sermrnts. Le pe11plr est son souverain. l'rononce; la déchéance, et la Fra11ceest S'ltwér. • Les applaudissements furent 1if, à J'c,tn'me-gauche et dan, les tribunes. ~lais pour la grande majorilé de l'Assemblée, le choc élail dolent encore. Plmieurs demandèrent que Choudieu fût envoyé à !'Abbaye. li réponrlit avec une fierté rude: • Je dé,ire être envoyé à J'Abbaye peur une telle adresse", el celle-ci fut remoyée à la Commission des Douze. Le lendemain, c'est Duhem qui mène l'assaut. Les nouvelles du Nord, de Valenciennes, élaienl mau- ,ai(;,es. • \'ous awz pris, s'écria-t-il, les mesures nécessaires pour rétablir l'ordre; pour la défense du royaume; mais entre le, mains de qui les avez-vous mises ces mesures·? Entr~ les mains du 1>ouyoir e.iécutif, entre les mains du premier tratlre qui se trouve dans le royaume. • L'A,semulée s'accoutumailainsi à entendre sonner le tocsin de déchéance. Duhem presse la Commission des ,ingl-un de dénoncer enfin la vraie source des maux de la patrie, c·e,L-à-dire la trahison roiale. \'ergniaud, président de la Commission, ,e dérobe encore. li mnllipliail les mesures à côté, les projels d'organisation militaire, le, motions sur 1~responsabilité collective el la solidarité des ministres afin de gagner du temps el de ne pas porter devant l'Assemblée le procès direct du roi el de la royauté. C'est de mauvaise humeur qu'il répond à Duhem: « La Commission a commencé par vous présenter les mesures relali ves à l'armée, parce qu'une des causes des dangers de la patrie esl l'in,ufüsance de nos armées. Quant à celledo111on parle sans cesse, je dirais peut-être trop (.llurmures à droilr, vifs applaudissements à gauche), , otre Commission enraorclioaire s'en occupe, mais elle esl incapable de se liHer à de, mouvements dèrnrdonnés, qui puissent être une source de guerre civile. » Yisiblemenl la Gironde élude encore. Qa'altendait-elle donc? Espérailelle toujours la so!Lilion, mainlenanl chimorique el lardive, d'un ministère patriote, qui aurait disparu, sans le combler, dans l'alitme de soupçon où la royauté allait périr?

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