Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1240 UIST0111E SOCIALISTE repliés. Donner rassaul aux Toileries? )lais la Giro nde perllrait au profil éles forces révolutionnaires clfs •eclions la direction du moul'emenl. Lai~ser Carre le roi 1 )lais la pairie ollail élre envahie et la liberté égorgé e. Proclamer ;ous des formes légales la déchéance? c·étail donner le signal d'une agitation de la rue. Imposer de nouveau au roi des mini-Ires palrioles? Celle fois, s i le Toi était obligé de les subir, après les avoir ren,oyés, ce serail pour lu i une telle humiliation, une telle diminution de pouvoir que, sous le nom du roi, la Gironde el la Révolution seraient souveraines. Et la palrie serai t saurée sans qu·une secousse violente eût été donnée à la Constitution. C'est dans celle pen,ée que les Girondins portèrent d'abord leur eff ort sur la question ministérielle. Sans doute, si Brissot après son discours agre•sir d u 0, al'ait subitement ces~é le feu. c'esl que la démission collective d!' s mini,tres donn«'e le 10 suggPra à la Gironde l'idée qu'elle pourrait, au nom de la llév olulion, reconquérir le ministère. La démission collecli1·e al'nit été donnée pour prou ver an pays que dans l'état d'anarchie où était tombée la France, la Cons titution ne pouvail fonctionner. Cl le roi ne remplaçait -pas les miuislres d 6missionnaires, suil pour mieux marquer cet état d'anarchie el dïmpnissance, soit parce qu'en clîet, à rhenre du péril, il ne trouY;tiLpas ai,émrnl des serviteurs. C'est sans doute dans cette période que Guadet, Vergniauù et Genso nné, sollicité, p~r un ami de la Cour, le peintre llo1.e, de donner leur avis su r la crise et les moyens de la conjurer, écrivirent cette sorte de consulta tion politique, tout à fail loyale d'ailleurs et conforme à leurs ùéclaralions puhlique~, qui sera saisie plus ta-rd dans l'armoire de fer et in,•oquée contre la Gironde. • Le choix du mini.Lère, r di,aienl-il,, a été dans tons les temps une des fonctions les plus importantes da pouvoir dont le roi esl revêtu : c'e•t le thermomètre d·après lequel l"opi11i011publique a to ujours jugé les r/ispositio11$ de la Cour, et on corn, rend quel -peut être aojotrrd'hui l'elîct de ces choix qui, dans tout autre temps, auraient excité les plus -violents murmure,. Un ministèrr bien patriote serait donc un des 9ra11 dsmoyem que le roi peut employrr pour rappeler la confiance. • A la tribune de la Législative, le 21 juillet, au nom de la Comrrùssion des D0111.e ,devenue depuis quelques jour, la Commission des -vingt-un, Yerguiaad somma le -.;oi de choisir des ministres. • L'Assemblée déclare au roi que le salol de la 1 1atrre commande impérieu~ement de recompo~er le ministère, el que ce -renouvellement ne pl'Ut être dilîéré ,an, un accrois•emcnl incalculaLle de s dangt"T!I qui men•een& la liberté et la Constitution, el d,•crètc que le pré.,en t décret sen porlé dans le jour au rui. • La Gironde c~pérail-elle que sons l'action combinée de lfl& menaces el de ees avances le roi fléchirait, se liwttail et lui remettratten mabl, 98111 aTrière-

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