Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

li lSTOIHE SOC!.\ LISTE 12-'t7 pcn.sée celle fois, Ioules les forces de la l'raoce pour le salul de la Révolulion ! Esp6ranc:e insensée, mais qui Qallait ces cœur, généreui el subWs. Dans cette allenlc où il entrait, malgré loul, peu d'espoir, ils évitaient les Qaroles irréparables. Us am.ortissaieo.t, ils ajoumaienl. Pourlaut les él'énemenls se hâlaient, se passionnaieo.l, de1·enaie11t plus pressants tous les joW's. Et la croissante exaltation patriotique et rél'olulionnaire ne permellrail pas longtemps les combinaisons clilatoires el incertaines. Le soleil toujours plus ardenl moulait, et l'ombre vaine des hommes ù'Elal se faisait plus courte à leurs pieds. Depuis q_ue, le 11 juillet, l'Assemblée avait proclamé le danger de la pairie, les âme~ étaient frémissantes et comme soule1•ées. A Pari&, c·est le dimanche 22 et le lùndi 23 juillet que la municipalité fit proclamer l'acte du Corps législatif et procéder aux eurôlements civique,. Elle imagina un cérémonial grandiose et simple, un de ces magnifiques plans de tète que créait le génie de l'art passionné par la liberté. Que ser.1it ce cérémonial sans l'enthousiasme et la ferveur ualionale? )lais il ne laul point cléùaigner les Cormes solennelles et amples que fa pensée inspirée et réfléchie prêtait à la puissance spontanée du sentiment national. La Hérnlutiou a eu, clans sa débordante vie, un sens merl'eilleux du thi'âlre. A l'heure mèmc où elle agissait, vil'ait, comballail, disciplinait les foules el embrasait les àmes, elle était pour elle-même comme pour le monde un grand ,pectacle, et elle ordonnait les nstes moU1cmcnls populaires en de nobles lignes de beaulé. Proalamalion • A sept heures du malin, le Conseil général s'assemblera à la maison commune. • Les sii légions de la garde nationale de Paris se réullirout par détachements, à six heures du matin, avec leurs drapeall.l'.., sur la place de Grève. « Le canon d'alarme du parc <l'artillerie du Po1ll-Ncur tirera. une salvoùe trois coups à six heures du malin, pour aunoncer la procla,11ation, et continuera d'heure en heure la môme décharge jusqu'à sept heures du soir. Pareilles salves seront faites par une pièce de canon à l'Arseual. • Un rappel battu dans tous les quartiers de la ville rassemblera en arme, les citoyens dans leurs postes respectifs. • A huit heures précises, les deux cortèges se mettront en m11rche d u1s !"ordre suivanl, • DélachemenL de cavalerie avec trompette, sapeurs, tambour~, 111usi-1uc, délachemenl de la ~arde nationale, six pièce. de canon., Lrompcttos. • Quatre huissiers de la municipalité à cheval, port1nt chacun une enseigne, à laquelle sera suspendue une chalde de couronnes cil'iques, chacune ayanl une de ces inscriptions : Liberlé, Egalité, Constilulion, Patrie; au-

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