HISTOIRE SOCI.\LISTE 1245 naitre le terme où l'on \'eut arriver el le chemin où l'on doit marcher. JI faut un plan et des chers pour exécuter une grande entrepris e. • Voilà, vingt jours avant le 10 aotH et à l'usage des féd6rés bouillonnants, quelle est la politique de Robespierre: politique d'attente, d e prudence et de légalité. Pas de mouvement de la rue, pas d'insurrection, pas d'assaut aux Tuileries, pas d'agression contre la personne du roi el même pas d'attaque Inconstitutionnelle contre son pouvoir constitutionnel. C'est de la vigoureuse action de l'Assemblée el, à son dtlfaul, d·une vigoureuse action légale de toute la France qu'il faut attendre le salut. Mais comment? Robespierre reste énigmatique el vague. Car quel moyen aura l'Assemblée de prendre Ioules les mes ures de salut sans lesquelles la liberté et la patrie vont périr, si le roi p eut les paralyser par un veto qui est dans la Constitution? comment l'Assemblée pourra-l -elle châtier les généraux traitres et donner le commandement à des généraux fidèles, si les ministres, choisis par le roi d'après la Constitu tion, s'obstinent à couvrir la trahison, à ligoller la patrie? Le plus sO.rserait s ans doute d'imposer au roi, par la vigueur, par la fermeté de l'Assemblé e, des ministres patriotes; mais n'est-ce point retomber dans la politique d e la Gironde? et Robespierre n'a-t-il pas déclaré maintes fois qu'il tenait pour suspectes el corruptrices toutes ces combinaisons ministérielles? li semble bien qu'entre la révolution de la rue el la politique de la Gironde il n'y avai t pas de milieu. Ou renverser le gouvernement royal, ou y installer la Révolution, ,·oilà semble-t-il, le dilemme qui sïmposait; Robespierre ne veut n i l'un ni l'autre: quelle issue laisse-t-il aux événements? El ce recours à l'action générale et légale du pays, qu'il semb le annoncer en termes vagues comme la rnpr~me resrnurce, comment l 'entend-il? li n'a garde de Je dire encore. Peut-être n'avait-il pas encore, à ce t égard, le plan précis que quelques Jours plus lard, quand il sera comme acculé par les événements, il développera; peul-être aussi, avec sa prudence accoutumée, ne voulait-il pas se découvrir avant i'heurc et ajouter à l'a gilation par des suggestions prématurées. Quel habile agencement I Comme, tout en déconseillant l'e mploi de la rorce rél'Olutionnaire, il en proclame la légitimité pour pouvoir en accepter sans embarras l~s résullals! Mais il n·y a\'ait certes pas là une force d'impulsion. Plus hésitante encore était la Gironde. Après le discours te rrible, mais encore incertain de Vergniaud, Brissot était venu le 9 j uillet demander qu'une instruction rot ouverte pour savoir si le roi avait réelle ment rait contre l'étranger racle formel d'opposition exigé par la Constitution. C'était ouvrir la procédure de déchéance. Mais le discour;i de BrissoL,coîncidan l avec le baiser La mou relie, n'avait pas porté. El il semblait que la Gironde el Brissot lui-même se fussent ensuite
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